La tension monte en amont du référendum croate sur l'UE

Alors que les Croates s'apprêtent à se rendre aux urnes dimanche (22 janvier) pour un référendum qui déterminera s'ils souhaitent rejoindre ou non l'Union européenne, certains affirment qu'un résultat négatif pourrait résulter en l'effondrement de la notation de crédit du pays. Un reportage d'EURACTIV basé sur un article de Lider, son partenaire en Croatie.

EURACTIV.com
No to EU rally in Zagreb.jpg
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Alors que les Croates s'apprêtent à se rendre aux urnes dimanche (22 janvier) pour un référendum qui déterminera s'ils souhaitent rejoindre ou non l'Union européenne, certains affirment qu'un résultat négatif pourrait résulter en l'effondrement de la notation de crédit du pays. Un reportage d'EURACTIV basé sur un article de Lider, son partenaire en Croatie.

Ces derniers jours, les opposants ont organisé des rassemblements de masse, clamant que la Croatie abandonnerait sa souveraineté nationale au profit de la bureaucratie de Bruxelles. Suite à ces manifestations, les autorités ont dû prononcer des déclarations fortes et ont évoqué les conséquences négatives d'un rejet de l'adhésion à l'UE.

Selon les sondages, 56 % des électeurs seraient favorables à l'adhésion et 33 % y seraient défavorables. Une majorité à 50 % +1 est nécessaire pour que le référendum se solde par l'adhésion du pays à l'Union, ce qui devrait avoir lieu le 1er juillet 2013.

Ceux qui s'opposent à l'adhésion affirment que l'UE n'est pas une démocratie représentative, mais une forteresse bureaucratique dans laquelle le Conseil se range sagement derrière l'avis de la Commission.

Selon eux, le Parlement européen n'a pas le droit de s'opposer à ces lois. Ils s'inquiètent également de voir la Croatie obligée de réduire sa production agricole, les Croates empêchés de travailler dans l'UE pour les sept années à venir et la côte adriatique entièrement vendue aux étrangers.

La ministre des affaires étrangères et européennes, Vesna Pusi?, a déclaré que lors de ce référendum, les citoyens auraient l'opportunité de prendre une décision très importante pour le pays et qu'il s'agissait d'une opportunité historique.

À la question de savoir quelles seraient les répercussions d'un refus, elle a affirmé que le pays tout entier subirait les conséquences économiques de cette décision.

« Si, lors du référendum, les citoyens décident de ne pas intégrer l'Union européenne, nous devrons tous subir les conséquences économiques de ce choix », a-t-elle déclaré.

Mme Pusi? a ajouté que ces effets se feraient sentir dès la première semaine suivant le refus, dans la mesure où la notation de crédit du pays serait dégradée et où la valeur des actifs croates sur le marché chuterait. Cette décision se traduirait aussi par le retrait des investissements et par conséquent par la suppression d'emplois, a-t-elle précisé.

Carl Bildt à la rescousse

Le ministre suédois des affaires étrangères, Carl Bildt, s'est rendu à Zagreb quatre jours avant le référendum, afin de soutenir le camp pro-européen.

Lors de cette réunion officielle, la première depuis la prise de pouvoir récente du nouveau gouvernement croate, M. Bildt a déclaré que la Suède, aux prises avec une crise profonde au début des années 1990, s'était relevée de façon « spectaculaire » après sont adhésion à l'UE en 1994.

Dans une tentative de contrer l'idée que la Croatie pourrait perdre sa souveraineté si elle rejoignait l'Union, M. Bildt a déclaré que la Croatie aurait un poids important au sein des institutions européennes, notamment sur les questions régionales. Il a ajouté que les Croates pourraient plus facilement faire face aux problèmes économiques que doivent subir leur pays et l'Union.

Un argument de poids ?

Lors d'un discours dans la ville de Vukovar, Vladimir Drobnjak, négociateur en chef de la Croatie auprès de l'UE, a appelé les citoyens à ne pas craindre l'UE, car la Croatie pourrait toujours quitter l'Union.

« Dans le cas où la Croatie serait amenée à envisager cette option, l'article 50 du traité de Lisbonne accorde à tous les États membres le droit de se retirer de l'Union conformément à ses propres exigences constitutionnelles », a-t-il affirmé.

Etant donné que la crise fait rage dans la zone euro, le pays n'aurait pas choisi le meilleur moment pour entrer dans l'UE selon certains, mais M. Drobnjak a rappelé que l'UE représentait aujourd'hui 20 % de l'économie mondiale et que 7 % de la population de la planète vivait sur ce continent.