La succession de Dominique Strauss-Kahn au FMI est lancée

Le Français vient d’annoncer sa démission de son poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Des noms circulent pour lui succéder.

EURACTIV.fr
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Le Français vient d’annoncer sa démission de son poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI). Des noms circulent pour lui succéder.

Cinq jours après le début de l’affaire judiciaire, et alors qu’il est toujours placé en détention provisoire, Dominique Strauss Kahn a fait parvenir au conseil d’administration du FMI une lettre faisant part de sa démission. 

Honneur et dévouement 

Il déclare : « C’est avec une infinie tristesse que je me vois obligé aujourd’hui de proposer au conseil d’administration ma démission de mon poste de directeur général ».

Après quelques mots pour sa femme, Anne Sinclair, il réitère son innocence. « A tous, je veux dire que je réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui m’est reproché. Je veux préserver cette institution que j’ai servi avec honneur et dévouement, et surtout, surtout, je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à démontrer mon innocence ». 

Intérim 

Avant que le choix du successeur ne soit effectif, l’intérim sera assuré par John Lipsky, son ancien premier adjoint. Il occupe ce poste depuis septembre 2006. De nationalité américaine, sa carrière s’est déroulée entre le secteur privé, dans des banques comme JP Morgan et Salomon Brothers, et le FMI où il avait déjà travaillé à la fin des années 70. 

La date de la prise du fonction du futur directeur du FMI n’est pas encore connue. Mais des noms circulent déjà.  

La casserole de Lagarde 

Celui de l’actuelle ministre des Finances, Christine Lagarde, est largement relayé par la presse française. Appréciée par ses homologues des pays de la zone euro, elle est considérée comme l’une des femmes les plus influentes au monde avec la chancelière allemande Angela Merkel. Elle a aussi l’avantage de parler parfaitement l’anglais. 

Probable obstacle à sa nomination, l’affaire Tapie. Le procureur de la Cour de cassation a demandé l’ouverture d’une enquête concernant l’attribution à l’ancien homme d’affaires de 285 millions d’euros en guise de dédommagement dans l’affaire du Crédit Lyonnais. Selon la justice, le recours à la voie « arbitrale », qui consiste en un accord sans jugement, laisse planer le doute d’un « abus d’autorité ». Il s’agit pour une personne dépositaire de l’autorité publique de prendre des décisions faisant obstacle à l’application de la loi.

La commission des requêtes de la Cour de justice de la République, chargée de juger les ministres en exercice, décidera d’ici un mois si elle ouvre ou non l’enquête. Il serait donc risqué pour la France, déjà éclaboussée par l’affaire DSK, de proposer un candidat mêlé à une procédure judiciaire. 

Le compromis turc?

D’ordinaire, le poste de directeur général du FMI est réservé à un Européen. Mais, avec l’émergence économique de nouvelles puissances, il pourrait leur échapper. Pour la première fois, des personnes issues de ces pays sont ouvertement évoquées. 

Parmi elles, Trevor Manuel, l’ancien ministre sud-africain des Finances, Agustin Carstens, gouverneur de la Banque centrale du Mexique, Montek Singh Ahluwalia, vice président de la commission indienne de planification ou Tharman Shanmugaratnam, ancien ministre singapourien des Finances. 

Ce serait un revers de premier ordre pour les européens.

Ces divergences pourraient donner un avantage certain à l’ancien ministre turc de l’Économie Kemal Dervis. Son pays est à la fois un candidat à l’Union européenne et une économie en plein boum, aujourd’hui la 15e du monde.