La Slovaquie votera sur le traité européen dans un climat de protestation [FR]
Jeudi 7 février, le Parlement slovaque devrait voter sur le traité de Lisbonne, après que la ratification a été reportée pour la seconde fois la semaine dernière en raison d’une vague de protestation sur un projet de loi sur les médias introduit par la coalition au pouvoir. D’après une enquête d’EURACTIV Slovaquie.
Jeudi 7 février, le Parlement slovaque devrait voter sur le traité de Lisbonne, après que la ratification a été reportée pour la seconde fois la semaine dernière en raison d’une vague de protestation sur un projet de loi sur les médias introduit par la coalition au pouvoir. D’après une enquête d’EURACTIV Slovaquie.
Les partis d’opposition ont déclaré qu’ils ratifieraient le nouveau traité si le gouvernement retirait ou amendait substantiellement le texte controversé. Mais une vague de protestations visant à reporter le vote à une date indéterminée a échoué, après que la date du 7 février a été fixée, non sans hésitation.
La Slovaquie compte devenir le quatrième Etat membre à ratifier le nouveau traité européen signé par les dirigeants européens à Lisbonne en décembre dernier. Si le pays ratifie le texte cette semaine, il suivra donc le chemin emprunté précédemment par la Hongrie, la Slovénie et Malte (EURACTIV 30/01/08).
La constitution du pays requiert une majorité de deux tiers au Parlement pour que le traité soit approuvé, ce qui implique que les 85 membres du gouvernement de coalition ne peuvent pas ratifier le traité sans le soutien d’au moins cinq membres de l’opposition.
Le gouvernement a également été confronté à des difficultés concernant la planification du vote. L’opposition a, en effet, lié l’affaire au projet de loi sur les médias. Iveta Radicova, vice-présidente du parti SDKU-DS (chrétien-démocrate), a affirmé que la proposition du gouvernement concernant de loi sur la Presse ne respectait pas certaines clauses relatives à la liberté d’expression et à l’accès aux véritables informations contenues dans le traité de Lisbonne.
Malgré ces objections, deux des trois partis d’opposition de centre-droit soutiennent clairement le traité et soulignent qu’ils ne veulent pas que les désaccords politiques nationaux nuisent à sa ratification. Ils ont fait savoir qu’ils approuveraient le texte une fois que le gouvernement aura élaboré un nouveau projet de loi sur les médias.
Robert Fico, le Premier ministre, a sévèrement critiqué ce qu’il a qualifié de « chantage » de l’opposition sur le gouvernement. Parallèlement, le ministre des Affaires étrangères Jan Kubis a averti que les reports avaient déjà « gravement nui » à la réputation du pays à l’étranger.
Le conflit est survenu suite aux vives critiques sur le projet de loi sur les médias, formulées par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Dans une lettre adressée à M. Kubis, l’OSCE a averti que la législation proposée limiterait gravement la liberté de la presse. Le ministre à la Culture, Marek Mandaric, a défendu le projet de loi, qu’il décrit comme une législation européenne standard.
La semaine dernière, lors d’une déclaration au cours de la session plénière à Bruxelles, le président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a appelé la Slovaquie à agir de manière responsable. Parallèlement, l’eurodéputé autrichien Hannes Swoboda (PSE) a critiqué la stratégie de l’opposition consistant à lier le vote sur le traité de Lisbonne à un différend politique interne.