La Slovaquie vire à droite
Un gouvernement de centre droit devrait remplacer l’alliance de la gauche et de l’extrême-droite après les élections législatives du 12 juin.
Un gouvernement de centre droit devrait remplacer l’alliance de la gauche et de l’extrême-droite après les élections législatives du 12 juin.
Comme en République tchèque fin mai, le parti social démocrate SMER-SD est arrivé en tête des élections en Slovaquie avec 34,79% des votes, mais ne devrait pas parvenir à former une coalition pour gouverner le pays.
Bien que le président du pays ait demandé au premier ministre sortant et leader du SMER-SD Robert Fico de former un nouveau gouvernement, il pourrait échouer, ses partenaires de la coalition actuelle – le Parti national slovaque (SNS) et le Mouvement pour une Slovaquie démocratique (LS-HZDS) – n’ayant pas remporté assez de voix pour poursuivre leur collaboration gouvernementale.
Le LS-HZDS a remporté 4,32% des voix et ne sera donc pas représenté au Parlement. Le SNS a quant à lui obtenu 5,07% des suffrages, accédant de justesse à l’assemblée du pays.
Le principal parti d’opposition, l’Union chrétienne démocrate slovaque (SDKU-DS) est arrivé en deuxième position, avec 15,42% des voix, suivi par Liberté et solidarité (SaS – 12,14%), le Mouvement chrétien démocrate (KDH – 8,52%) et le Parti slovaque hongrois Most-Hid (8,12%). Ces partis devraient former une coalition de centre droit.
Pour ce qui est du nombre de nouveaux députés élus, le SMER s’est assuré 62 sièges et son partenaire de coalition le SNS en a remporté 9. Les deux partis auront donc seulement 71 députés dans un parlement qui compte 150 sièges.
En comparaison, les quatre partis de centre droit qui ont annoncé leur projet de lancer des négociations sur la formation d’un gouvernement contrôlent 78 sièges au parlement. SDKU-DS a 28 députés, SaS en a 22, KDH en a 15 et Most-Hid 14.
La participation a atteint 58,83 %, ce qui constitue une augmentation inattendue par rapport aux élections de 2006 (54,67 %).
La dirigeante de SDKU-DS Iveta Radi?ová, qui a ouvert la conférence de presse de son parti dimanche 13 juin au matin par un « Bonjour Slovaquie! Le changement est à portée de main », devrait être la prochaine première ministre. Elle serait la première femme à occuper ce poste depuis la création du pays en 1993, à la suite de la dissolution de la Tchécoslovaquie.
Ce qui s’est passé en Slovaquie ressemble de façon frappante à l’élection tchèque d’il y a deux semaines. Le Parti social démocratique de centre gauche (?SSD) de Jiri Paroubek était arrivé vainqueur de l’élection, sans parvenir à former un gouvernement. Ni M. Paroubek ni M. Fico n’ont réussi à s’assurer le soutien des jeunes électeurs, qui ont rejeté leur arrogance, explique la presse tchèque.
Les observateurs ont mis en avant le fait que M. Fico avait payé le prix de son alliance avec le SNS nationaliste ainsi que celui de l’adoption d’une loi linguistique. Les personnes d’origine hongroise ont rejeté fermement la radicalisation de la scène politique, a commenté le journal Slovac Spectator.
Les élections slovaques ont été perturbées par des allégations d’ingérence hongroise, Bratislava dénonçant cette loi rendant plus facile l’acquisition de la nationalité hongroise pour les Magyars habitant à l’étranger.
« Il semblerait au final que les personnes d’origine hongroise souhaitent vivre ici en Slovaquie, et veulent utiliser leur langue maternelle sans risquer de se voir imposer des amendes ou d’être méprisées par leurs concitoyens, mais elles ne prévoient pas de demander en masse la citoyenneté hongroise », écrit le Slovac Spectator.
Positions :
« Les partis de centre droit liés au PPE ont remporté les élections générales en République de Slovaquie et ils ont désormais l’opportunité de diriger un nouveau gouvernement. Je les félicite pour cette réussite », a déclaré Joseph Daul, président du groupe PPE, le plus important groupe politique du Parlement européen.
« Les partis de centre droit en Slovaquie ont prouvé dans le passé qu’ils pouvaient sortir la Slovaquie de ses difficultés économiques et apporter au pays un leadership cohérent et compétent, ce qui est vraiment nécessaire. Les citoyens slovaques méritent d’avoir un nouveau gouvernement, libre de fausses promesses au rabais. Essayons de reproduire la « success story » de 1998-2002″, a poursuivi M. Daul.