La Slovaquie prête à soutenir de nouvelles sanctions contre Moscou, en échange de garanties

La Slovaquie se dit prête à soutenir le 18e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, à condition d’obtenir des garanties pour protéger son économie.

EURACTIV Slovaquie
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Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanár. [Getty Images/NurPhoto]

La Slovaquie se dit prête à soutenir le 18e paquet de sanctions de l’Union européenne contre la Russie, à condition d’obtenir des garanties pour protéger son économie.

Le ministre slovaque des Affaires étrangères, Juraj Blanár, a clarifié lundi 23 juin au soir la position de Bratislava sur le 18e paquet de sanctions proposé par l’UE contre la Russie, quelques heures après que son homologue hongrois, Péter Szijjártó, avait affirmé que la Hongrie et la Slovaquie s’y opposaient en raison de préoccupations liées à la sécurité énergétique.

Juraj Blanár a déclaré que le gouvernement de Bratislava évaluait chaque paquet de sanctions en fonction de son impact potentiel sur l’économie slovaque.

« Les négociations sont toujours en cours », a indiqué le ministre slovaque à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE qui se tenait à Bruxelles. « D’après ce qui a été discuté jusqu’à présent, il est clair que le paquet n’aura pas d’impact négatif sur l’économie slovaque, et nous sommes prêts à le soutenir », a-t-il indiqué.

Il a toutefois noté que la Slovaquie demanderait des « garanties » et un soutien afin de limiter les conséquences de la rupture avec les sources d’énergie russes.

Bratislava s’expose également à « des risques d’arbitrage » qui pourraient affecter le pays à hauteur de « 20 milliards d’euros », a-t-il souligné. « C’est pourquoi nous exigeons des garanties sur la manière dont ces effets négatifs seront traités. »

Juraj Blanár a également souligné l’importance politique pour son pays de lier la discussion sur le paquet de sanctions avec le plan européen RePowerEU, qui vise à réduire la dépendance de l’UE aux combustibles fossiles russes.

Le ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre Robert Fico cherchent à rencontrer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, dont le pays assurera bientôt la présidence tournante du Conseil de l’UE et chapeautera les discussions entre les ministres de l’UE sur l’initiative RePowerEU.

Selon des sources diplomatiques citées par l’agence de presse ČTK, il reste un espoir que les objections des deux pays puissent être levées d’ici à l’adoption finale du paquet.

La Slovaquie, malgré des mises en garde récurrentes, n’a jamais bloqué de sanctions contre la Russie jusqu’à présent.

Bratislava « n’a pas d’histoire de “rébellion” » contre les législations de l’UE, a récemment commenté l’analyste géopolitique Jozef Hrabina pour Euractiv.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]