La Serbie souhaite rapidement lancer les discussions d'adhésion

L'UE s'est rapprochée du début des discussions d'adhésion avec la Serbie hier (25 octobre) après avoir surmonté l'opposition de longue date du gouvernement néerlandais. Belgrade a déclaré qu'une "nouvelle ère" avait débuté dans son histoire. BETA, partenaire d'EURACTIV en Serbie, a contribué à cet article.

Serbian Flag.JPG
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L'UE s'est rapprochée du début des discussions d'adhésion avec la Serbie hier (25 octobre) après avoir surmonté l'opposition de longue date du gouvernement néerlandais. Belgrade a déclaré qu'une "nouvelle ère" avait débuté dans son histoire. BETA, partenaire d'EURACTIV en Serbie, a contribué à cet article.

Lors d’une rencontre à Luxembourg, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont trouvé une formule pour débloquer le lancement des négociations d’adhésion avec la Serbie. Le jargon diplomatique adopté satisfait la demande émanant des Pays-Bas selon laquelle tout pas en avant dans l’adhésion de la Serbie à l’UE doit être conditionné par la coopération de Belgrade avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).

Ce mouvement a été rendu possible par l’acceptation de Belgrade d’entamer des discussions avec le Kosovo, son ancienne province, dont la déclaration d’indépendance de 2008 n’est pas reconnue par la Serbie.

Le ministre des affaires étrangères hollandais, Uri Rosenthal, s’est déclaré satisfait du fait que le texte du compromis avait mis une pression sur la Serbie pour son entière coopération avec le TPIY.

Steven Vanackere, le ministre des affaires étrangères belge, dont le pays tient la présidence tournante de l’UE, a fait l’éloge du « bon équilibre » du texte.

En fait, la Belgique a contribué de manière significative à ce que le compromis soit atteint avec succès. Celle-ci a dû mettre de côté ses positions nationales, étant donné que son devoir à la tête de l’UE est de rechercher une position commune. Jean De Ruyt, l’ambassadeur belge auprès de l’UE, a déclaré à EURACTIV que la position de son pays sur la nécessité d’une pleine coopération avec le TPIY fait écho à la position hollandaise.

A Belgrade, le chef de la délégation de l’UE auprès de la Serbie, Vincent Degert, a dit qu’il serait « réaliste » de voir le pays entamer les négociations d’adhésion dans l’année.

Apparemment, la Serbie, pays central de l’ancienne Yougoslavie, est pressée de s’assurer de rapides discussions d’adhésion pour diverses raisons. L’une d’entre elles, selon des sources diplomatiques, est que Belgrade souhaite conclure ces discussions d’adhésion avant l’entrée de la Croatie dans l’UE, ce qui pourrait de manière réaliste se passer en 2013.

Une autre raison est que la Serbie ne souhaite pas être rattrapée par le Monténégro, un petit pays de l’Adriatique qui a fait sécession de la Serbie-et-Monténégro en 2006. Le Monténégro espère acquérir le statut de candidat en novembre, et entamer les négociations d’adhésion en 2011.

Bien que le Monténégro puisse apparaître comme un candidat moins chargé par les questions liées au violent passé récent de la région, la capacité administrative de la Serbie est reconnue comme significative en comparaison à son petit voisin.

La pression des pairs et la compétition interne entre les candidats sont des facteurs perçus comme positifs par Bruxelles. Un autre facteur qui pourrait aider les pays de l’ex-Yougoslavie à avancer plus rapidement vers l’adhésion à l’UE est leur langue véhiculaire commune, appelée « serbo-croate » dans le passé récent. La Croatie a déjà traduit la plupart de l’acquis de l’UE et a mis les textes à disposition des autres candidats à l’adhésion européenne.

Toutefois, les échecs demeurent possibles. Récemment, des fonctionnaires dans les pays de l’UE ont considéré la suppression du régime de déplacement sans obligation de visa pour la Serbie et la Macédoine, étant donné qu’un nombre croissant de demandeurs d’asile venant de ces pays atteignent les frontières de la Suède, de la Belgique et de l’Allemagne.