La Serbie poursuit son projet de coordination de politique étrangère avec celle de la Russie

La Serbie a réaffirmé son intention de coordonner sa politique étrangère avec la Russie ce week-end. À la suite de la signature d’un accord de politique étrangère entre les deux pays, le ministre serbe des Affaires étrangères, Nikola Selaković, a soutenu le plan malgré les critiques.

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Un accord a été signé entre M. Selaković et son homologue russe Sergey Lavrov en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York ce week-end (24-25 septembre). [EPA-EFE/YURI KOCHETKOV]

La Serbie a réaffirmé son intention de coordonner sa politique étrangère avec la Russie ce week-end. À la suite de la signature d’un accord de politique étrangère entre les deux pays, le ministre serbe des Affaires étrangères, Nikola Selaković, a soutenu le plan malgré les critiques.

Un accord sur les consultations pour 2023-2024 a été signé entre M. Selaković et son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York ce week-end (24-25 septembre). Cet accord a suscité de vives critiques de la part des responsables européens.

En guise de réponse, M. Selaković s’en est pris à ses détracteurs, les accusant de parler d’un accord qu’ils « n’avaient pas vu ».

Invité à donner des précisions sur le document, M. Selaković a déclaré que le plan avait été signé à plusieurs reprises depuis 1996 et qu’il s’agissait d’une question technique. Il a ajouté que la version de cette année ne comprenait que des consultations bilatérales et multilatérales liées à l’ONU et non des consultations sur la politique de sécurité.

Pas de reconnaissance des référendums russes

Le ministre serbe des Affaires étrangères a également évoqué les référendums organisés dans les quatre régions contrôlées par la Russie, à savoir Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijia.

La Serbie, conformément à la Charte des Nations unies et aux principes et normes du droit international, ne peut accepter leur résultat compte tenu de la Charte des Nations unies, a-t-il déclaré.

« Ne pas le faire serait complètement contraire à nos intérêts d’État, à notre politique de préservation de notre intégrité territoriale et de notre souveraineté, et à notre engagement envers le principe de l’inviolabilité des frontières », a déclaré M. Selaković lors d’une conférence de presse.

Parallèlement, le rapporteur du Parlement européen pour la Serbie, Vladimir Bilčik, a qualifié la signature du plan de « coup dur » pour le processus d’adhésion à l’UE dans les Balkans occidentaux.

« En tant que fervent partisan de toute démarche en faveur d’une [Serbie] européenne, je trouve que la nouvelle des consultations prévues entre la Serbie [et] la Russie est un coup dur pour le processus d’adhésion dans les Balkans occidentaux », a tweeté M. Bilčik.

« Soyons clairs : [la Russie] se mobilise pour attaquer l’Ukraine, pays candidat à l’adhésion à l’UE, la Russie attaque l’élargissement de l’UE ! » a-t-il ajouté.

La rapporteure du Parlement sur le Kosovo, Viola von Cramon, est allée encore plus loin, qualifiant cette situation de « grave scandale au milieu d’une guerre sanglante », soulignant que la Serbie signe le « plan de collaboration future avec l’agresseur. »

« Ou peut-être est-ce juste un signal pour que nous gelions les négociations d’adhésion, car l’entrée dans l’UE ne passe pas par Moscou », a-t-elle écrit sur Twitter.