La Serbie marque une pause dans sa candidature à l'UE [FR]

Quelques jours à peine après la réélection du président pro-occidental Boris Tadic, la coalition au pouvoir à Belgrade a reporté la signature d'un nouvel accord avec l'UE, craignant qu'il n'implique la reconnaissance de l'imminente déclaration d'indépendance du Kosovo.

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Quelques jours à peine après la réélection du président pro-occidental Boris Tadic, la coalition au pouvoir à Belgrade a reporté la signature d’un nouvel accord avec l’UE, craignant qu’il n’implique la reconnaissance de l’imminente déclaration d’indépendance du Kosovo.

Mercredi 6 février, le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a annoncé le report de l’accord, qui aurait dû être signé le 7 février et aurait ainsi facilité les relations commerciales et les déplacements entre la Serbie et l’UE.

« Je regrette profondément que nous devions reporter la signature et j’espère que ces problèmes pourront être réglés rapidement », a déclaré M. Rehn.

« Je déplore profondément l’obstruction de certains hommes politiques à Belgrade, qui n’ont pas entendu la voix du peuple serbe, qui s’est prononcé en faveur de l’avenir européen de la Serbie » lors de l’élection de dimanche dernier, a-t-il ajouté.

Le Premier ministre serbe Vojislaw Kostunica a condamné l’accord prévu avec l’UE, après que les ministres européens ont annoncé lundi leur décision d’envoyer une mission d’administration et de police forte de 1 800 hommes au Kosovo pour remplacer l’actuelle mission de l’ONU. 

M. Kostunica est opposé à la mission de l’UE, craignant qu’elle ne soit le prélude à l’indépendance du Kosovo. Il a déclaré mardi que la signature prévue d’un accord commercial avec l’UE reviendrait, pour la Serbie, à approuver cette mission européenne et l’indépendance de la province, qui devrait être déclarée dans les prochaines semaines. 

D’après un communiqué de presse mardi de M. Kostunica, la proposition de l’Union européenne de signer un accord politique avec la Serbie tout en envoyant une mission au Kosovo, qui va diviser notre pays, est une « supercherie ». Il a demandé une réunion d’urgence du Parlement serbe à majorité nationaliste, pour rejeter cet accord, mais le gouvernement, allié au président Tadic, a insisté pour signer l’accord. 

Le ministre serbe à l’Insfrastructure, Velimir Ilic, membre du parti de M. Kostunica, a prévenu que le gouvernement risquait de se disloquer si les ministres de M. Tadic signaient l’accord.  

M. Ilic a annoncé que si quelqu’un voulait que la Serbie entre dans l’UE à tout prix et que l’UE veuille amputer le pays de 15 % de son territoire, il ne participerait pas à ce gouvernement. 

Malgré ces récents développements, M. Rehn a affirmé que l’UE restait déterminée à accélérer la course européenne de la Serbie. L’engagement de l’UE est solide et l’invitation reste à l’ordre du jour, a-t-il poursuivi, ajoutant que l’UE serait prête dès que la Serbie le serait également.