La Serbie doit répondre à 2483 questions sur sa candidature à l'UE

La Serbie a fait un nouveau pas en avant vers son adhésion à l'UE mercredi (24 novembre) alors que le commissaire à l'Elargissement, Štefan Füle, a remis à Belgrade un questionnaire volumineux concernant la préparation du pays à l'adhésion. Un reportage d'EURACTIV Serbie.

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La Serbie a fait un nouveau pas en avant vers son adhésion à l'UE mercredi (24 novembre) alors que le commissaire à l'Elargissement, Štefan Füle, a remis à Belgrade un questionnaire volumineux concernant la préparation du pays à l'adhésion. Un reportage d'EURACTIV Serbie.

La Serbie a accepté de répondre au questionnaire de la Commission d’ici la fin janvier 2011.

Répondre aux 2 483 questions, divisées en 33 domaines politiques, peut paraître une tâche excessivement ambitieuse. Les questions à elles seules prennent plus de 400 pages.

Cependant, le premier ministre serbe Mirko Cvetkovi? a déclaré que son pays souhaitait se mettre sur le chemin de l’UE dans un délai très court.

« Le but du gouvernement est que la Serbie obtienne le statut de candidat à l’UE d’ici la fin de 2011 et de déterminer la date du début des négociations », a déclaré M. Cvetkovi?.

En 2011, la présidence tournante de l’UE sera tenue par la Hongrie et la Pologne. Les deux pays sont favorables à l’élargissement de l’UE aux pays des Balkans occidentaux et au démarrage des négociations de l’UE avec la Serbie aussitôt que possible.

Une fois le questionnaire renvoyé par la Serbie, l’exécutif de l’UE entamera le processus d’émission d’une opinion, ce qui prend à peu près un an.

L’Islande était le seul pays candidat à entamer les discussions d’adhésion, un an seulement après sa candidature. Cependant les représentants de la Commission ont insisté sur le fait que l’Islande était un cas particulier, puisque le pays nordique avait déjà assimilé une grande partie de la législation européenne en tant que membre de l’Espace économique européen (EEE).

Nouvelle étape

La Serbie est entrée dans une nouvelle phase dans ses relations avec l’UE, a dit M. Füle, ajoutant que la pleine coopération avec le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) demeurait un élément important dans l’intégration de la Serbie à l’UE (voir « Background »).

Le commissaire a exhorté les autorités serbes à donner « la première priorité à la localisation et à l’arrestation » de ses criminels de guerre, Ratko Mladi? et Goran Hadži?.

Les autorités disent ne pas pouvoir localiser les fugitifs. Dans un entretien récent pour EURACTIV, l’eurodéputé hongrois György Schöpflin (Parti populaire européen), rapporteur fictif sur la Serbie, a suggéré que Mladi? et Hadži? se cachaient dans la Republika Srpska, l’entité serbe de la Bosnie-Herzégovine.

Interrogé par les journalistes, M. Füle a dit que le questionnaire de l’UE ne couvrait pas le territoire du Kosovo, ancienne province serbe qui a déclaré son indépendance de manière unilatérale en février 2008. Mais il a ajouté que le questionnaire contenait des questions spécifiques concernant le dialogue entre la Serbie et Pristina (capitale du Kosovo).

Le commissaire a reconnu le progrès de la Serbie dans la coopération régionale, ainsi que dans la lutte contre la corruption et le crime organisé.

En septembre dernier, la Serbie a fait preuve d’une attitude plus coopérative envers le Kosovo, soutenant une résolution de compromis des Nations Unies sur le Kosovo ajustée par les diplomates de l’UE, et laissant tomber ses précédentes demandes de rouvrir les discussions sur le statut de son ancienne province.

Ces pas symboliques ont fait ressembler la résolution de questions en suspens entre Belgrade et Pristina à une perspective réaliste. Toutefois, le vide politique sans précédent laissé par la démission du président du Kosovo en septembre dernier et la motion de méfiance donnée au gouvernement au début de novembre menacent de ralentir l’élan d’un rapprochement avec la Serbie.