La Serbie assouplit sa position vis-à-vis du Kosovo

La Serbie, prétendante de l'UE, a soutenu hier (9 septembre) aux Nations unies une résolution de compromis sur le Kosovo ajustée par les diplomates de l'Union européenne, abandonnant ses demandes précédentes de rouvrir les discussions sur le statut de son ancienne province. BETA, le partenaire d'EURACTIV en Serbie, a contribué à cet article.

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La Serbie, prétendante de l'UE, a soutenu hier (9 septembre) aux Nations unies une résolution de compromis sur le Kosovo ajustée par les diplomates de l'Union européenne, abandonnant ses demandes précédentes de rouvrir les discussions sur le statut de son ancienne province. BETA, le partenaire d'EURACTIV en Serbie, a contribué à cet article.

Après avoir harmonisé son projet avec l’UE, la Serbie a convenu d’un dialogue avec le Kosovo soutenu par l’Union européenne, qui viserait à promouvoir la coopération, selon la résolution non contraignante de l’Assemblée Générale. La résolution a été votée par acclamation au sein de l’assemblée forte de 192 nations.

L’Assemblée Générale des Nations unies a favorablement salué l’empressement de l’UE visant à aider le processus de dialogue entre les deux parties, et reconnaît qu’un tel dialogue représenterait en lui-même un facteur de paix, de sécurité et de stabilité dans la région.

Ce dialogue chercherait à améliorer la coopération, assurer le progrès sur le chemin vers l’adhésion européenne et améliorer la vie des personnes, dit la résolution, qui reconnaît l’expertise du mois de juillet de la Cour Internationale de Justice (CIJ) selon laquelle la déclaration d’indépendance du Kosovo ne viole pas le droit international (voir « Contexte »).

Le texte amendé abandonne également la condamnation de la déclaration d’indépendance du Kosovo.

Le président donne son feu vert

L’impasse diplomatique semble avoir été résolue le 8 septembre, lorsque le président serbe Boris Tadi? a déclaré que la résolution conjointe UE Serbie sur le Kosovo faciliterait le dialogue visant à résoudre la question du Kosovo, lesquels résultats seraient confirmés par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Selon M. Tadi?, la résolution conjointe est le résultat d’un effort combiné et représente un consensus sur les positions de différents pays – ceux qui ont reconnu l’indépendance du Kosovo, ceux qui ne l’ont pas reconnue, et la Serbie, qui défend ses intérêts nationaux légitimes de manière paisible et diplomatique.

Le dénominateur commun qui a été atteint est le fruit d’un compromis, ce qui signifie qu’après l’arrêt rendu par la Cour Internationale de Justice, une formule a été trouvée. Celle-ci ouvre le dialogue sur les solutions futures, cite la Charte des Nations unies, et ne contient d’aucune manière la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo, peut-on lire dans la déclaration écrite de M. Tadi?.

Le président a continué en disant que le texte harmonisé avait été trouvé avec un honnête désir de résoudre tous les conflits en partenariat avec l’UE et tous les autres facteurs internationaux et qu’il est convaincu que ceci représente la seule manière de véritablement trouver une solution.

M. Tadi? a dit que le processus d’harmonisation de la résolution avec l’UE avait débuté lors d’une session parlementaire le 26 juillet, pendant laquelle il avait promis un dialogue avec l’UE et les autres membres importants de la communauté internationale.

Obstacles de dernière minute

Soulignant que l’hostilité entre Belgrade et Pristina est loin d’être apaisée, la session de l’assemblée a été retardée de près de trois heures en raison de l’objection de la Serbie à la présence de fonctionnaires kosovars à l’arrière de la chambre, a rapporté Reuters. Le Kosovo n’est pas membre des Nations unies.

La dispute a finalement été résolue lorsque les fonctionnaires ont été inscrits en tant qu’invités de cinq pays occidentaux, ont dit les diplomates.

Le ministre des affaires étrangères serbe Vuk Jeremic, en introduisant la résolution, a déclaré sa neutralité vis-à-vis du statut du Kosovo. La Serbie ne reconnaîtra probablement pas la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo, a-t-il réaffirmé.

Les fonctionnaires serbes ont souligné que la résolution ne reconnaît d’aucune manière l’indépendance du Kosovo.