La Russie teste un nouveau missile balistique intercontinental « avancé »

La Russie a procédé au lancement d’essai d’un missile balistique intercontinental « avancé », quelques semaines après avoir suspendu sa participation au traité New Start, le dernier pacte entre les États-Unis et la Russie visant à contrôler la prolifération des armes nucléaires.

EURACTIV.com avec agences
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Le ministère russe de la Défense a annoncé dans un communiqué qu’une « équipe de combat a lancé avec succès un missile balistique intercontinental (ICBM) d’un système mobile de missiles au sol » depuis le site d’essai de Kapustin Yar, mardi (11 avril). [EPA/EFE/YURI KOCHETKOV]

La Russie a procédé au lancement d’essai d’un missile balistique intercontinental « avancé », quelques semaines après avoir suspendu sa participation au traité New Start, le dernier pacte entre les États-Unis et la Russie visant à contrôler la prolifération des armes nucléaires.

Le ministère russe de la Défense a annoncé dans un communiqué qu’un « missile balistique intercontinental (ICBM) avait été lancé avec succès depuis un système mobile de missiles au sol » sur le site d’essai de Kapustin Yar, mardi (11 avril).

Il aurait « touché une cible fictive sur le terrain d’entraînement de Sary-Shagan (en République du Kazakhstan) avec un degré de précision élevé », peut-on également lire dans le communiqué.

Depuis l’envoi des troupes en Ukraine l’année dernière, le président russe Vladimir Poutine a averti à plusieurs reprises qu’il pourrait utiliser des armes nucléaires dans le pays si la Russie était menacée.

Fin février, Vladimir Poutine a déclaré que Moscou suspendait sa participation au traité New Start, en vertu duquel la Russie et les États-Unis avaient convenu de limiter leurs stocks nucléaires et de se soumettre à des inspections mutuelles.

Il y a moins de trois semaines, le président russe a déclaré qu’il déploierait des armes nucléaires tactiques en Biélorussie, pays voisin et allié, amenant ainsi ces armes à la porte de l’Union européenne.

Ces deux initiatives ont été condamnées par l’OTAN.

Le ministère russe de la Défense n’a pas précisé le type de missile utilisé lors du lancement de mardi, mais il a indiqué que l’exercice « visait à tester l’équipement de combat avancé des missiles balistiques intercontinentaux ».

« Ce lancement a permis de confirmer l’exactitude de la conception des circuits et des solutions techniques utilisées dans le développement de nouveaux systèmes de missiles stratégiques », a ajouté le ministère.

En février, en réponse à des informations américaines indiquant que l’arme avait échoué lors d’un récent test, le président russe a déclaré qu’un nouveau type de missile balistique intercontinental serait déployé dans le courant de l’année.

Le Sarmat — surnommé « Satan 2 » par les analystes occidentaux — serait capable de transporter plusieurs têtes nucléaires et fait partie des missiles russes de nouvelle génération que M. Poutine a qualifiés d’« invincibles ».

Selon le chef du Kremlin, il serait capable de « déjouer tous les systèmes antiaériens » et « fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer » Moscou.

EURACTIV a demandé à l’ambassade du Kazakhstan si le test du missile qui a atteint une cible sur le territoire du pays ne constituait pas une violation du Traité des Nations unies sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), que le pays a signé et ratifié.

Dans une réponse écrite, l’ambassade a expliqué que le TIAN interdit explicitement aux parties au traité de développer, tester, produire, fabriquer, acquérir de toute autre manière, posséder ou stocker des armes nucléaires ou d’autres dispositifs explosifs nucléaires.

« Compte tenu du fait qu’aucune arme nucléaire ni aucun engin explosif nucléaire (ou leurs parties indivisibles) n’est placé, testé ou utilisé sur le territoire du Kazakhstan (y compris dans certaines installations militaires louées à des tiers conformément aux accords internationaux existants), le Kazakhstan continue de respecter pleinement ses obligations en vertu du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires », a indiqué l’ambassade kazakhe.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]