La Russie propose un nouveau traité euro atlantique sur la sécurité [FR]

La Russie a publié le 29 novembre sa proposition pour un nouveau traité euro atlantique sur la sécurité qui réduirait sa capacité à utiliser la force militaire de manière unilatérale si les Etats-Unis et ses alliés européens acceptent de faire de même.

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La Russie a publié le 29 novembre sa proposition pour un nouveau traité euro atlantique sur la sécurité qui réduirait sa capacité à utiliser la force militaire de manière unilatérale si les Etats-Unis et ses alliés européens acceptent de faire de même.

Le président russe Dmitri Medvedev a déclaré que le traité européen sur la sécurité devait remplacer les institutions issues de la guerre froide telles que l’OTAN, qui ne parviennent pas à désamorcer les tensions dans un monde multipolaire. Toutefois, ses propositions ont reçu un accueil mitigé en Occident.

M. Medvedev a invité les pays de l’ouest à faire des propositions sur la façon de donner naissance à un nouveau traité sur la sécurité. Le projet, qui en finirait une bonne fois pour toutes avec l’héritage de la guerre froide, a été envoyée à tous les dirigeants concernés, a expliqué le Kremlin dans une déclaration.

Le traité représente essentiellement une obligation contraignante selon laquelle aucun Etat ou organisation internationale dans la zone euro-atlantique ne peut accroître sa sécurité au détriment d’un autre Etat ou d’une autre organisation, affirme la déclaration.

Il serait ouvert à tous les Etat de l’espace euro-atlantique et eurasien, allant de Vancouver à Vladivostok, ainsi qu’aux membres de l’OTAN, à l’Union européenne et aux groupements d’ancien pays soviétiques.

Le document, publié sur le site Internet du Kremlin, réaffirme le rôle du Conseil de Sécurité des Nations unies, au sein duquel la Russie a un droit de veto, en tant que dernier arbitre des conflits internationaux.

Cela viendrait restreindre l’utilisation de la force par les signataires, et créerait un nouveau mécanisme de résolution des conflits. Toute mesure sécuritaire prise par un pays signataire devra pleinement prendre en compte les intérêts sécuritaires de toutes les autres parties.

Lancement des discussions

Fyodor Lukyanov, rédacteur du journal « Russia in Global Affaires », s’est confié à Reuters : il est difficile d’imaginer un pays adhérer à cet accord sous sa forme actuelle. Le Kremlin le voit plus comme un point de départ pour ouvrir les discussions.

La Russie offre la possibilité suivante : Moscou s’obligerait à ne pas agir unilatéralement vis-à-vis des Etats de l’ancienne union soviétique, et demande à l’Occident d’en faire de même, a-t-il ajouté.

La Russie s’est opposée aux projets des Etats-Unis de placer les éléments d’un bouclier de défense antimissile dans les pays frontaliers, et s’est opposée à la présence de bases de l’OTAN dans les anciennes républiques soviétiques qu’elle considère comme sa sphère d’influence.

M. Lukyanov a expliqué que les puissances occidentales seraient particulièrement prudentes sur l’article 7, qui dispose que chaque partie a le droit de considérer une attaque armée à l’encontre de quelque autre partie comme une attaque contre son propre territoire.

Cela permettrait à la Russie d’utiliser la force si l’un de ses alliés est attaqué, et pourrait entraîner les autres signataires à aider Moscou dans un futur conflit, par exemple avec la Chine et l’Iran, a-t-il dit.

Une clause qui semble cibler les opérations de l’OTAN non sanctionnées par le Conseil de Sécurité des Nations unies obligerait les signataires à s’assurer que toutes les alliances militaires dont ils sont membres ne violent pas les principes de la Charte des Nations unies.

Cela empêcherait également les pays signataires d’autoriser les parties tiers à utiliser leur territoire d’une manière qui affecte considérablement la sécurité d’une autre partie au traité.

(EURACTIV avec Reuters, traduit de l’anglais par EURACTIV.)