La Russie coupe le gaz alors que le sud-est de l’Europe grelotte [FR]
Alors qu’un hiver particulièrement froid s’est abattu sur l’Europe, tous les approvisionnements de gaz russes destinés à la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie et la Croatie ont été suspendus pendant la nuit (6 janvier) à la suite d’une dispute sur les prix opposant Moscou et Kiev. C’est ce qu’a indiqué le quotidien Dnevnik, un partenaire d’EURACTIV en Bulgarie.
Alors qu’un hiver particulièrement froid s’est abattu sur l’Europe, tous les approvisionnements de gaz russes destinés à la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie et la Croatie ont été suspendus pendant la nuit (6 janvier) à la suite d’une dispute sur les prix opposant Moscou et Kiev. C’est ce qu’a indiqué le quotidien Dnevnik, un partenaire d’EURACTIV en Bulgarie.
La Bulgarie est le pays qui a été le plus sévèrement touché par la querelle, puisqu’il est le seul concerné qui ne possède pas de route alternative contournant l’Ukraine et qui n’a pas de terminal pour gaz liquéfié propre, a écrit le quotidien Dnevnik. De plus, le pays n’a qu’une seule installation de stockage, dont la capacité est limitée, à Chiren, près de la ville de Pleven.
La ministre adjointe Galina Tosheva a précisé au quotidien Dnevnik que les capacités de Chiren pourraient fournir un approvisionnement suffisant pour un mois. Mais Dimitar Gogov, directeur exécutif de Bulgargaz, fournisseur de gaz contrôlé par l’Etat, a contredit le point de vue de Mme Toscheva, déclarant que le pays a suffisamment de gaz pour quelques jours seulement.
Réunion d’urgence
Bulgargaz a déjà élaboré un plan visant à réduire la consommation, a révélé le bureau de presse du gouvernement, après que le Premier ministre Sergey Stanishev a appelé à une réunion d’urgence pour discuter de la situation. Or un hiver rigoureux s’est abattu sur les Balkans, avec des températures descendant à moins 15 degrés Celsius pendant la nuit en Bulgarie.
La Roumanie a également été touchée par la querelle. En effet, la compagnie de distribution de gaz naturel du pays Transgaz a annoncé que les livraisons au point d’entrée d’Isaccea ont été entièrement suspendues en vue d’éviter une perte de pression dans les gazoducs, a rapporté HotNews Romania.
L’agence cite un communiqué de presse du ministre de l’Economie selon lequel une fermeture complète est devenue nécessaire pour éviter une perte de pression dans les gazoducs. Un tiers du gaz roumain provient normalement de Russie, tandis que la production domestique du pays couvre environ 65 % de ses besoins.
L’approvisionnement de gaz russe destiné à la Turquie passant par l’Ukraine a été complètement coupé, a déclaré le ministre turc de l’Energie Hilmi Guler, cité par Reuters.
M. Guler a déclaré que la Turquie a augmenté son approvisionnement de gaz via le gazoduc Blue Stream, qui passe sous la mer Noire, à 48 millions de mètres cubes par jour au lieu de 40 millions. Ankara utilisera également des sources de gaz naturel liquide et des réserves de gaz naturel, a-t-il expliqué. Le ministre a affirmé que la Turquie n’avait subi aucune interruption de l’approvisionnement des 15 millions de mètres cubes de gaz naturel fournis chaque jour par l’Iran.
En outre, la Serbie et la Croatie ont également indiqué que les approvisionnements de gaz russe ont été complètement suspendus.
Effet domino
L’intensification du conflit entre Moscou et Kiev affecte également l’approvisionnement destiné à l’Europe de l’Ouest. Bien que le groupe pétrolier et gazier autrichien OMV ait été informé par Gazprom au sujet des restrictions de l’approvisionnement en gaz russe d’environ 30-40 %, en réalité, environ 10 % de gaz naturel russe seulement est livré au centre de distribution de Baumgarten, a déclaré OMV.
Selon une déclaration du distributeur de gaz hongrois cité par Deutsche Presse, la quantité de gaz naturel acheminé en Hongrie de l’Ouest depuis l’Autriche a diminué mardi en raison de la dispute entre la Russie et l’Ukraine sur la fixation des prix.
L’opérateur gazier tchèque RWE Transgas a indiqué que le volume de gaz provenant de l’Ukraine et de la Slovaquie a chuté sensiblement. Le géant tchèque a souligné qu’il allait acquérir davantage de gaz norvégien acheminé par le biais d’un autre gazoduc.
L’Ukraine accuse la Russie
Gazprom aurait réduit les approvisionnements destinés à l’Ukraine en se fondant sur le volume qui, selon le géant, est détourné par Kiev. L’Ukraine, quant à elle, a déclaré que le géant a réduit d’un tiers les approvisionnements destinés à l’Europe. L’UE a tout d’abord tenté de garder ses distances dans la dispute, préférant de ne pas assumer le rôle d’arbitre. Jusqu’à hier, l’UE a essayé de minimiser les conséquences possibles de la dispute relative au gaz (EURACTIV 06/01/09).
La présidence tchèque de l’UE a publié aujourd’hui un communiqué de presse après avoir tenu récemment des négociations sur la question avec des représentants ukrainiens.
Des divergences de points de vues par rapport aux questions juridiques et techniques font qu’un accord entre Naftogaz et Gazprom sera difficile à conclure, selon la présidence tchèque de l’UE.
Une mission d’information de l’UE devrait rencontrer des représentants de Gazprom à Berlin dans l’après-midi.