La Russie aurait utilisé l’énergie pour infiltrer, influencer et espionner l’Europe, selon un ancien diplomate néerlandais
Au cours d’un entretien pour le journal NRC, l’ancien diplomate néerlandais Kees Klompenhouwer a expliqué que le gazoduc Nord Stream 1 était un projet d’infiltration russe, mais que le gouvernement néerlandais n’a pas tenu compte des avertissements.
Au cours d’un entretien pour le journal NRC publié vendredi dernier (28 avril), l’ancien diplomate néerlandais Kees Klompenhouwer a expliqué que le gazoduc Nord Stream 1 était un projet d’infiltration russe, mais que le gouvernement néerlandais n’a pas tenu compte des avertissements des services secrets.
M. Klompenhouwer a été chef du renseignement extérieur pour les services secrets néerlandais (Algemene Inlichtingen- en Veiligheidsdienst, AIVD) entre 2002 et 2006. Il a également été ambassadeur des Pays-Bas en Ukraine de 2013 à 2017.
Pour lui, le Nord Stream 1 était « un projet d’infiltration russe » correspondant « tout à fait au modus operandi de [Vladimir] Poutine », a-t-il ajouté.
« Les Russes attirent leurs partenaires avec des avantages à court terme, leur dépendance à l’égard de la Russie s’accroît, ils sont liés à la Russie, puis ils sont drainés », a expliqué M. Klompenhouwer.
Dans son rapport annuel de 2007, l’AIVD mettait en garde contre « une dépendance croissante […] à l’égard des approvisionnements en gaz russe » et notait que Vladimir Poutine ordonnait à ses espions de pénétrer plus profondément à l’intérieur de l’Occident. L’objectif principal des espions qui étaient de plus en plus nombreux aux Pays-Bas était de « s’introduire subrepticement dans le secteur de l’énergie ».
Le rapport faisait également état d’un manque de coordination au sein des autorités néerlandaises. En effet, malgré les mises en garde répétées de l’AIVD, qui a constaté les manoeuvres du Kremlin dès 2003, concernant les activités d’espionnage de la Russie dans le pays et le risque potentiel d’une dépendance excessive à l’égard de la Russie dans le secteur de l’énergie, le gouvernement néerlandais a choisi d’ignorer ces préoccupations.
« Nous nous sommes dit qu’il fallait faire vite. Si vous êtes important dans le domaine de l’énergie, vous êtes également pris plus au sérieux dans l’UE », aurait déclaré l’ancien ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bernard Bot du parti de centre droit Appel chrétien-démocrate (Christen-Democratisch Appèl, CDA).
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]