La Roumanie temporairement exclue du marché du carbone de Kyoto

Une commission onusienne a suspendu le droit de la Roumanie à participer au processus de transactions des quotas de CO2 en raison d'irrégularités dans leurs rapports d’émissions, a déclaré le ministère de l'environnement à Bucarest le 28 août.

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Une commission onusienne a suspendu le droit de la Roumanie à participer au processus de transactions des quotas de CO2 en raison d'irrégularités dans leurs rapports d’émissions, a déclaré le ministère de l'environnement à Bucarest le 28 août.

Le comité de contrôle du respect des dispositions du CCNUCC, qui s'est réuni à Bonn pour une semaine, a découvert des « irrégularités » dans les données fournies par la Roumanie sur ses émissions de gaz à effet de serre pour 2010, et a conclu que l'inventaire national des émissions n'avait pas été correctement effectué.

« Peut-être que des mesures sévères conduiront à une information plus transparente », a confié à EURACTIV Natalia Yakymenko, analyste chez Point Carbon à Kiev.

« Il est difficile d'évaluer si les projets de la Roumanie ont généré quoi que ce soit ».

Bucarest n’ayant pas respecté les critères d’éligibilité du protocole de Kyoto, son utilisation de la « voie 1 » de la procédure simplifiée du mécanisme de Mise en œuvre conjointe (MOC) s’avère controversée.

Les accords de la « voie 2 » sont contrôlés par le Comité de supervision de la mise en œuvre conjointe. Les accords de la « voie 1 » sont toutefois des accords bilatéraux réglementés uniquement par les anciens pays membres du bloc soviétique et les pays développés qui veulent compenser leurs émissions de carbone par leur biais.

La vérification des projets par un tiers est difficile lorsque des pays tels que la Roumanie « ne publient aucune information nulle part », poursuit Natalia Yakymenko.

En raison de la décision du CCNUCC, la Roumanie ne pourra maintenant faire ses échanges que dans le cadre de la voie 2.

Concernant la transparence de la Roumanie, Benoît Leguet, membre du Comité de supervision, a déclaré à EURACTIV : « Je mentirais si je vous disais être pleinement satisfait ».

« Mais le vrai problème est que c'est tout le processus de [la voie 1] qui n'est pas transparent », a-t-il ajouté.

Dans certains pays, jusqu'à 75 % des crédits carbone, tels que les unités de réduction des émissions (URE), sont générés par les projets de la voie 1.

Lors de la dernière conférence des Nations Unies sur le climat à Cancún, le Comité de supervision a proposé de réunir les deux voies d’approbation des projets dans un système unique, a noté Benoît Leguet. Un accord n'a toutefois pas pu être conclu.

En décembre dernier, Bucarest avait espéré obtenir 1,5 million d’euros en vendant 300 millions de crédits carbone à deux entreprises japonaises, selon Laszlo Borbely, ministre roumain de l'environnement.

Mais la Roumanie a depuis été suspendue du marché des émissions de Kyoto, avec effet immédiat, jusqu'à ce qu'elle mette en place un système adéquat de suivi des émissions.

Emil Boc, le premier ministre, a déclaré qu'il renverrait le directeur de l'agence de protection de l'environnement du pays. Il a également demandé des mesures pour que le pays puisse à nouveau échanger ses émissions dans les six mois.

« La Roumanie va préparer une version révisée de l'inventaire national et l'envoyer à la CCNUCC ; à partir de cette évaluation, elle demandera la réinstauration de son éligibilité dès que possible », a fait savoir le ministre de l'environnement dans une déclaration.

Le 25 août, l'Ukraine, un autre pays d'Europe de l'Est, a également vu ses droits d'échange de quotas d'émissions suspendus, après que le CCNUCC a découvert que le pays avait sous-évalué ses émissions de gaz à effet de serre.

Kiev n'aurait semble-t-il pas tenu compte des précédents avertissements selon lesquels le pays n'était pas en conformité avec certaines exigences.

Oleksii Khabatuik, chargé de l'inventaire des émissions ukrainiennes, a affirmé que son pays ferait appel de cette décision.

Arthur Neslen – Article traduit de l’anglais