La République tchèque indécise sur son futur commissaire
Le gouvernement tchèque discute de qui siégera au sein de la prochaine Commission européenne. Quatre candidats sont en compétition. Un article d'EURACTIV République tchèque.
Le gouvernement tchèque discute de qui siégera au sein de la prochaine Commission européenne. Quatre candidats sont en compétition. Un article d’EURACTIV République tchèque.
Chaque État membre avance ses pions pour tenter de gagner en influence, ou du moins ne pas en perdre au sein de la prochaine Commission européenne. La République tchèque ne fait pas exception à la règle et débat en ce moment même du prochain commissaire à envoyer.
Le nom le plus fréquemment cité est celui de Pavel Mertlík, un économiste tchèque. Celui-ci a été ministre des Finances de la République tchèque de 1999 à 2001. De 2001 à 2012, il était économiste en chef pour la banque autrichienne Raiffeisen. En outre, il donne des cours à la Faculté des sciences sociales de l’Université Charles de Prague. Sa candidature a été avancée par le Parti social-démocrate tchèque qui fait partie de la coalition gouvernementale de centre-gauche. Il avait été déjà présenté pour le poste de commissaire en 2004, mais à l’époque il avait refusé. Dernièrement, Pavel Mertlík a indiqué aux médias qu’il se sentait confiant et qu’il était compétent pour la fonction, mais seulement s’il récupérait un portefeuille en lien avec l’économie. Ce qui pourrait être un peu compliqué, puisque la République tchèque ne fait pas partie de la zone euro.
Le deuxième candidat est Pavel Teli?ka, un lobbyiste tchèque, diplomate et responsable politique. Il est diplômé de la Faculté de droit de l’Université Charles de Prague. Il est membre du mouvement politique ANO 2011, affilié de l’ADLE au Parlement européen. Il a été élu eurodéputé lors des européennes de 2014. En 2004, il était à la tête du groupe qui avait négocié l’adhésion tchèque à l’UE. Pavel Teli?ka a été par ailleurs commissaire de mai à novembre 2004, après que la République tchèque a rejoint l’UE. Miloš Zeman, le président de la République tchèque, a déclaré aux médias qu’il soutenait sa candidature pour le poste européen, tout en ajoutant qu’il n’appréciait guère son passé « entrepreneurial ».
Le troisième candidat possible est Lud?k Niedermayer, un autre économiste tchèque. Lud?k Niedermayer est diplômé de la Faculté de Sciences de l’Université Masaryk. Entre 1996 à 2008, il a été membre du conseil de la Banque Nationale tchèque. De 2000 à 2008, il en a également été le vice-gouverneur. Pour les élections européennes, il a fait campagne en tant qu’indépendant avec le soutien du parti conservateur TOP 09, membre du Parti populaire européen, et de STAN, le parti des Maires et indépendants. Il a obtenu un siège pour la prochaine législature.
Zuzana Roithová est la dernière candidate. Femme politique et issue des milieux des affaires, elle est titulaire d’un diplôme de la Faculté de Médecine de l’Université Charles de Prague. De 2004 à 2014, elle a été eurodéputée. Selon les données du groupe de réflexion European Values, elle a été l’eurodéputée tchèque la plus active durant ces deux mandats. L’Union chrétienne-démocrate – Parti populaire tchécoslovaque (KDU-?SL), parti membre du PPE, a proposé sa candidature pour la Commission. Miloš Zeman, le président de la République tchèque, a indiqué aux médias en juin dernier qu’elle pourrait faire office de compromis pour la fonction, si les membres du gouvernement n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un autre nom. Zuzana Roithová n’a cependant pas confirmé si elle accepterait la nomination le cas échéant.
Parallèlement, le gouvernement discute du portefeuille le plus intéressant pour un commissaire tchèque. Ce pourrait être le marché intérieur ou le transport, des postes très convoités. Le pays qui a enregistré la plus faible participation des 28 Etats pour les élections européennes risque de ne pas être prioritaire dans l’attribution des postes à responsabilité.
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