La réélection de Mme Merkel bute sur le sauvetage d’Opel [FR]

Le retour rapide et inattendu de la croissance de l’économie allemande au second trimestre 2009 est une bonne nouvelle pour Angela Merkel et ses espoirs de remporter un second mandat en tant que chancelière. Mais le probable échec du plan gouvernemental de vente d’Opel et de sauvetage d’emplois allemands pourrait éclipser ses efforts de réélection.

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Le retour rapide et inattendu de la croissance de l’économie allemande au second trimestre 2009 est une bonne nouvelle pour Angela Merkel et ses espoirs de remporter un second mandat en tant que chancelière. Mais le probable échec du plan gouvernemental de vente d’Opel et de sauvetage d’emplois allemands pourrait éclipser ses efforts de réélection.

Le bureau de statistiques allemand a confirmé aujourd’hui (25 août) que le PIB national avait augmenté de 0,3 % sur une base trimestrielle entre avril et juin, signalant un possible début de fin de crise après quatre trimestres consécutifs de récession.

La croissance du PIB va de pair avec des chiffres positifs en matière de consommation privée, qui a augmenté de 0,7 % – davantage que les dépenses gouvernementales – pour soutenir l’économie malade du pays (qui a crû de 0,4 % au second trimestre).

La bonne nouvelle confirme les estimations initiales rendues publiques le 13 août, lorsque l’Allemagne et la France ont annoncé toutes deux leur sortie de récession. Le reste de l’Europe continue d’être en retard sur ces deux pays (EURACTIV 18/08/09).

La reprise économique revêt une importance politique forte en Allemagne, qui se prépare à aux élections nationales du 27 septembre. La chancelière Mme Merkel est candidate à un second mandat.

Cependant, les ambitions de Mme Merkel ont subi un coup sévère avec l’échec possible et inattendu du plan soutenu par le gouvernement visant à sauver le constructeur automobile Opel et ses milliers de travailleurs allemands.

Le géant américain General Motors, qui possède l’allemand Opel, se penche sur des projets alternatifs de vente de sa branche allemande. Cela pourrait demander le soutien d’autres pays européens où les usines de GM sont implantées, notamment le Royaume-Uni, la Belgique et l’Espagne.

Selon des sources de GM citées dans la presse, le géant américain préfèrerait maintenant un plan mis sur la table par le holding RHJ, basé à Bruxelles, plutôt que l’offre du fabricant canadien de pièces détachées Magna soutenu par Angela Merkel.

Le plan présenté par Magna préserverait les travailleurs allemands des usines Opel aux frais du gouvernement, mais avec moins d’assurances concernant les emplois dans les autres usines GM présentes en Europe.

Le possible échec du plan de Magna, qui a reçu le soutien financier de la Sberbank russe, remettrait en question le futur de milliers de travailleurs allemands juste avant les élections.

Les questions d’emploi sont cruciales dans la politique allemande et peuvent jouer un rôle fondamental pendant les élections. Selon le Financial Times, un pacte a été conclu entre le gouvernement de Mme Merkel, favorable aux entreprises, et les plus hauts gestionnaires afin d’éviter l’annonce de restrictions d’emploi avant le vote, afin d’éviter de mettre en jeu la réélection de l’actuelle chancelière.

Après les élections de 2005, de nombreuses entreprises allemandes ont détruit des milliers d’emplois malgré le débat préélectoral qui s’est concentré sur la sécurité de l’emploi. De telles rumeurs ne favorisent clairement pas la campagne de Mme Merkel.