La redistribution des migrants n’a « jamais été la priorité » de Giorgia Meloni

La redistribution des migrants à travers l’Europe « n’a jamais été ma priorité », a déclaré vendredi la Première ministre italienne Giorgia Meloni lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil européen.

Euractiv.com
European Council President Michel meets Italian Prime Minister Meloni in Rome
« La redistribution [des migrants] n’a jamais été ma priorité […] Se concentrer sur la question de la redistribution au lieu de la dimension extérieure de celle-ci a une efficacité limitée », a déclaré la Première ministre italienne Giorgia Meloni. [EPA-EFE/RICCARDO ANTIMIANI]

La redistribution des migrants à travers l’Europe « n’a jamais été ma priorité », a déclaré vendredi (10 février) la Première ministre italienne Giorgia Meloni lors d’une conférence de presse à l’issue du Conseil européen.

Les dirigeants de l’UE se sont retrouvés à Bruxelles jeudi et vendredi dernier pour un Conseil européen qui a notamment porté sur la migration.

Ils ont notamment convenu d’intensifier leurs efforts en matière de rapatriement, de lutte contre la migration irrégulière, de protection des frontières de l’UE et de négociation d’accords avec les pays tiers.

« La redistribution [des migrants] n’a jamais été ma priorité […] Se concentrer sur la question de la redistribution au lieu de la dimension extérieure de celle-ci a une efficacité limitée », a déclaré la Première ministre italienne.

Selon Mme Meloni, « la redistribution n’a jamais fonctionné ». Elle a mentionné l’accord conclu en juin 2022 par 21 États membres de l’UE établissant le mécanisme de solidarité volontaire.

« En Italie, moins de 200 migrants sur 8 000 ont été redistribués en 8 mois », a-t-elle indiqué.

Mme Meloni a qualifié de succès les conclusions du sommet européen sur la migration, affirmant que, pour la première fois, l’Union s’est mise d’accord pour faire face à ce défi « au niveau de l’UE », soulignant l’importance des « partenariats avec l’Afrique » et « la spécificité des frontières maritimes ».

Ces questions avaient déjà été abordées lors de sommets précédents, comme le Conseil européen de juin 2018, où une approche commune de l’UE avait également été demandée.

« Le Conseil européen réaffirme qu’une politique migratoire européenne qui fonctionne passe nécessairement par une approche globale en matière de migrations associant un contrôle effectif des frontières extérieures de l’UE, une action extérieure accrue et les aspects intérieurs, conformément à nos principes et valeurs », peut-on lire dans le document.

Cependant, les mots « relocalisation » et « solidarité », présents dans les conclusions de 2018, ne figurent plus dans le document approuvé dans la nuit de jeudi.

Cette fois, l’accent est mis sur la relocalisation des migrants non pas au sein de l’UE mais vers des pays tiers, avec lesquels les dirigeants de l’UE cherchent à conclure de plus en plus d’accords.

L’Italie et l’Afrique du Nord

En janvier, le gouvernement de Mme Meloni a entamé une série de visites officielles en Afrique du Nord, notamment en Algérie, en Libye et en Égypte, afin de mettre en place des accords sur la migration.

À la fin du mois dernier, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a renforcé les relations avec la Libye par un accord qui prévoit que Rome donnera à Tripoli des bateaux financés par l’UE pour ramener les migrants en Libye.

Les accords entre les deux pays ont récemment été vivement critiqués par la haute-commissaire du Conseil de l’Europe Dunja Mijatović, qui a souligné qu’ils entraîneraient une violation systématique des droits de l’homme.

Elle a notamment condamné le « protocole d’accord avec le gouvernement d’entente nationale libyen », qui « joue un rôle central dans la facilitation des interceptions de réfugiés, de demandeurs d’asile et de migrants en mer, et de leur retour ultérieur en Libye ».

La haute-commissaire a appelé à une suspension du protocole d’accord en raison « de nombreuses preuves documentant les graves violations des droits de l’homme auxquelles sont confrontés les réfugiés, les demandeurs d’asile et les migrants en Libye ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]