La propagande communiste désormais passible de prison en République tchèque

Le président Petr Pavel a signé une loi qui criminalise la promotion du communisme, la plaçant au même niveau que celle du nazisme. Une décision qui provoque la colère du Parti communiste KSČM.

EURACTIV République tchèque
Czech President Petr Pavel visits Berlin
Le président tchèque Petr Pavel. [EPA/Filip Singer]

Le président tchèque Petr Pavel a signé jeudi 17 juillet un amendement au Code pénal du pays qui criminalise la promotion de l’idéologie communiste, la plaçant au même niveau que la propagande nazie.

Des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans sont prévues pour toute personne qui « crée, soutient ou promeut des mouvements nazis, communistes ou autres qui visent manifestement à supprimer les droits de l’Homme et les libertés ou à inciter à la haine raciale, ethnique, nationale, religieuse ou fondée sur la classe sociale ».

L’amendement répond à une demande de longue date de certaines institutions historiques du pays, comme l’Institut pour l’étude des régimes totalitaires, qui dénonçaient une asymétrie dans la législation actuelle entre les idéologies totalitaires.

Le Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM), dirigé par l’eurodéputée Kateřina Konečná et qui fait désormais partie d’une nouvelle alliance électorale appelée « Stačilo » (« Assez »), a condamné cette mesure, estimant qu’elle est motivée par des considérations politiques.

« Il s’agit d’une nouvelle tentative ratée visant à pousser le KSČM hors de la légalité et à intimider les détracteurs du régime actuel », a déclaré le parti.

On ignore encore comment la nouvelle loi sera appliquée à des partis tels que le KSČM. Le parti ne dispose actuellement d’aucun siège au Parlement, mais les derniers sondages lui attribuent 5 % des intentions de vote, ce qui serait suffisant pour revenir à la Chambre basse lors des élections d’octobre.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]