La prochaine exposition universelle met la sécurité alimentaire à l'honneur
La prochaine exposition universelle, prévue à Milan en 2015, aura pour thème la sécurité alimentaire. Les techniques de production mais aussi la lutte contre le gaspillage seront mis à l'honneur.
La prochaine exposition universelle, prévue à Milan en 2015, aura pour thème la sécurité alimentaire. Les techniques de production mais aussi la lutte contre le gaspillage seront mis à l'honneur.
« Nourrir la planète, énergie pour la vie », la thématique de l'exposition universelle de 2015 à Milan devrait séduire à peu près 20 millions de visiteurs entre le 1er mai et le 31 octobre.
A l'occasion de cette 65e exposition universelle depuis la première organisée à Londres en 1851, les 142 pays participant présenteront leurs spécialités culinaires et leurs modes de production alimentaire, soit traditionnels, soit axés sur les dernières innovations technologiques.
Selon Giuseppe Sala, commissaire du gouvernement italien pour l'exposition universelle de Milan, il y a deux catégories de visiteurs et d’acteurs : la première est intéressée par l'aspect scientifique de la question, et la seconde, plus importante, vient pour apprécier les spécialités gastronomiques provenant du monde entier.
Nourrir la planète, le défi du 21e siècle
Au-delà du « plaisir de manger », la sécurité alimentaire est considérée comme un thème crucial par les législateurs, alors que les Objectifs du Millénaire pour le développement de l'ONU arrivent à échéance en 2015.
Le premier des objectifs fixés en 2000 était en effet l'éradication de l'extrême pauvreté et de la faim. Ces objectifs ne seront manifestement pas atteints. La faim, la malnutrition, au contraire, sont appelées à prendre de l'ampleur. La population mondiale devrait atteindre environ 9,6 milliards d'êtres humains à l'horizon 2050.
« Nourrir la planète représente le plus grand défi de notre temps, » a déclaré Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, lors d'un évènement au Parlement européen consacré à l'expo universelle de Milan. L'Union européenne est l'un des partenaires de l'exposition universelle.
« L'exposition universelle de 2015 est censée être un évènement majeur dans le cadre des débats au niveau mondial sur l’alimentation et le développement durable. Ce sera une plateforme pour des discussions et initiatives politiques, » a-t-il ajouté.
Le premier ministre italien, Enrico Letta, a également déclaré lors de cet évènement que l’exposition sera un lieu d’échanges et de réflexions. Il a souligné que c'est par l'échange que des solutions émergeront afin de répondre aux enjeux actuels et à venir.
Diversité des modes de production alimentaire
L'un des objectifs de l'exposition est de présenter d'autres manières de production agricole et animale. « L'un des exemples typiques est celui d'Israël, car, techniquement parlant, ils vivent dans un pays recouvert par 20 % de terres arables, mais au final ils sont en situation d’autosuffisance alimentaire, » a déclaré Giuseppe Sala. « Ils ont recours à l'irrigation au goutte-à-goutte, voilà la raison. »
L'exemple d'Israël pourrait apporter des éléments de réflexion aux décideurs politiques d'Afrique, où les régions subsahariennes sont particulièrement touchées par la sécheresse.
D'autres modes de production seront à l'honneur lors de l'exposition, telles que les petites exploitations traditionnelles ou encore les controversées cultures d’organismes génétiquement modifiés.
Giuseppe Sala a indiqué que le gouvernement italien avait signé un accord avec Slow Food, dont l'un des objectifs est de sensibiliser les citoyens à l'écogastronomie et à l'agriculture traditionnelle : « Ils défendent la biodiversité et les petits agriculteurs. »
« Dans le même temps, les Américains présenteront un pavillon consacré à la technologie », cela ne veut pas pour autant dire que le gouvernement italien est en faveur des cultures transgéniques, a-t-il ajouté.
L'UE se concentrera, de son côté, notamment sur le blé et le pain en tant « qu'élément de base de la nourriture dans la civilisation européenne, » a annoncé de son côté David Wilkinson, directeur au Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne.
Néanmoins, l'une des difficultés principales à laquelle est confrontée l'UE n'est pas celle d'atteindre l'autosuffisance alimentaire, mais celle de limiter le gaspillage alimentaire. Grosso modo, un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillée selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.
Selon Giuseppe Sala, la question de la sécurité alimentaire n'est pas seulement intrinsèque à l'Afrique, oo aux pays confrontés à des problèmes de productivité agricole. Il souhaite aussi optimiser la consommation des ressources alimentaires.
Pour David Wilkinson, l’UE doit jouer un rôle de premier plan sur les questions liées aux méthodes pour fournir suffisamment de nourriture, d'énergie et d'eau dans le contexte d'une population mondiale en croissance constante.
« L'expo n'est pas un évènement. C'est un processus, » a assuré le directeur du JRC.