La présidente de la BCE, Christine Lagarde, attire l'attention sur le respect des règles budgétaires de l’UE

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a exprimé son inquiétude quant au respect des règles budgétaires dans l’Union européenne lors du forum de la BCE à Sintra (Portugal), mardi (2 juillet).

Lusa Portugal
European Central Bank Governing Council meeting in Frankfurt
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), s’adresse à la presse à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE à Francfort-sur-le-Main, en Allemagne, le 6 juin 2024. [EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL]

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a exprimé son inquiétude quant au respect des règles budgétaires dans l’Union européenne lors du forum de la BCE à Sintra (Portugal), mardi (2 juillet).

Christine Lagarde a souligné l’importance de la politique budgétaire, surtout depuis la réforme du cadre budgétaire « dans lequel les États membres doivent opérer et contrôler l’orientation de la dette et s’assurer qu’elle reste soutenable ».

Ils doivent le faire « avec flexibilité, en se concentrant suffisamment sur la productivité et la croissance, avec des investissements qui mènent aux deux », a-t-elle insisté. Elle a exprimé son espoir que « dans le cadre fiscal européen, les pays examineront les changements structurels qu’ils doivent continuer à faire pour disposer d’un ensemble d’outils » qui permettront à la productivité de s’améliorer.

Elle a également souligné que la BCE était préoccupée par les règles fiscales à respecter au sein de l’UE et les réformes structurelles nécessaires pour stimuler la productivité, seul moyen pour l’Europe de rester forte et prospère.

La France est l’un des pays dont la situation fiscale est la plus préoccupante et, bien que la présidente de la BCE ait refusé de commenter directement ce cas précis, elle a reconnu que la situation était suivie de près.

Par ailleurs, elle a rappelé que la mission de la BCE consistait à stabiliser les marchés financiers, et donc à suivre attentivement la situation politique en France.

« La BCE doit accomplir sa mission ; notre mandat est la stabilité des prix, et nous y prêtons attention parce que cela fait partie de notre travail », a-t-elle déclaré, soulignant qu’elle surveillait ces questions.

De son côté, le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, également présent au forum, a souligné que les États-Unis avaient « un déficit très élevé » et que le niveau de la dette publique n’était « pas insoutenable, mais la trajectoire actuelle l’est ».

« Il est crucial de se concentrer sur l’avenir et de réfléchir à la manière de revenir à une trajectoire durable pour la dette publique », a averti le président de la Réserve fédérale.

Le gouverneur de la Banque centrale du Brésil, Roberto Campos Neto, a également mis en garde contre les risques liés aux niveaux élevés de la dette publique, soulignant que le coût du service de la dette des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon augmentait et affectait le marché.

« La dette mondiale est très élevée et va commencer à réduire la liquidité des marchés », a-t-il affirmé, ajoutant que « les pays à faible revenu en subissent déjà les conséquences ».

Selon lui, il y a plusieurs « factures à payer à l’avenir », comme le « coût de la transition verte, le coût de la fragmentation, le coût de la pandémie dans les pays à faible revenu, ainsi que l’énergie et l’innovation », et il est donc important de réfléchir à la manière de parvenir à une « trajectoire stable de la dette ».