La présidence tchèque reporte la libéralisation des visas pour le Kosovo à cause du désaccord sur les plaques d’immatriculation
Seulement quelques heures avant qu’un accord soit conclu entre Pristina et Belgrade, la présidence tchèque du Conseil a retiré la proposition de libéralisation des visas pour les citoyens du Kosovo à cause des tensions politiques avec la Serbie concernant les plaques d’immatriculation.
Seulement quelques heures avant qu’un accord soit conclu entre Pristina et Belgrade, la présidence tchèque du Conseil de l’UE a retiré la proposition de libéralisation des visas pour les citoyens du Kosovo à cause des tensions politiques actuelles avec la Serbie concernant les plaques d’immatriculation.
La décision de retirer la proposition fait suite à l’échec des négociations menées par l’UE entre la Serbie et le Kosovo relatives au refus des Serbes du Kosovo de respecter une nouvelle loi qui les obligerait à utiliser des plaques d’immatriculation délivrées par le Kosovo et non par l’ancienne Yougoslavie.
La proposition de libéralisation des visas figurait à l’ordre du jour de la réunion de mercredi entre les ambassadeurs de l’UE, mais a été retirée à la dernière minute, rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). La décision de retirer la proposition est prise un jour après que les représentants des États membres se sont mis d’accord pour permettre la libéralisation des visas d’ici le début de l’année 2024.
L’UE convient de libéraliser les visas pour le Kosovo d’ici 2024
Dans une lettre envoyée aux États membres de l’UE, la présidence tchèque du Conseil a annoncé que la question de la libéralisation des visas serait reportée à la prochaine réunion, soit le 30 novembre.
« Du fait des développements politiques dans le nord du Kosovo, il ne serait pas souhaitable de laisser ce point à l’ordre du jour », a écrit la présidence tchèque dans la lettre consultée par RFE/RL.
Toutefois, cette décision semble quelque peu précipitée car un accord a été conclu entre la Serbie et le Kosovo mercredi soir.
Selon cet accord, « la Serbie ne délivrera plus de plaques d’immatriculation portant les abréviations des villes du Kosovo et le Kosovo renoncera à toute action liée à la réimmatriculation des véhicules », a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.
Même sans ces derniers développements, la décision de la présidence tchèque n’aurait probablement pas eu trop d’impact sur la situation, car la présidence souhaite toujours que la libéralisation des visas soit effectuée avant le 1er janvier 2024, conformément à l’accord conclu cette semaine.
Dès 2018, le Kosovo remplissait toutes les conditions nécessaires à la libéralisation des visas, mais le pays a dû faire face à de nombreux obstacles depuis. Par exemple, l’Espagne, la France et plusieurs autres pays ont récemment insisté pour que la libéralisation soit liée au fonctionnement du système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS), qui n’est pas encore opérationnel. Ce système numérique a pour objectif de traiter les données concernant les personnes qui entrent dans l’Union européenne.
Le Kosovo est le dernier pays des Balkans occidentaux pour lequel les procédures de visa s’appliquent aux séjours de courte durée dans l’UE. La libéralisation de ceux-ci était l’une des priorités du ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Lipavský, membre du parti tchèque Pirates (pirátská strana) et du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.
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Belgrade et Pristina ont conclu un accord sous l’égide de l’Union européenne, mercredi (23 novembre),…
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]