La présidence portugaise s’oppose à la France sur le dossier turc
Désormais à la tête du Conseil de l’UE, le Portugal compte mettre l’accent sur les relations extérieures de l’Union. En plus de l’adoption du nouveau traité, la poursuite des négociations avec la Turquie seront également au coeur de l’action de la nouvelle présidence. Sur ce dossier, des désaccords apparaissent déja entre la France et le Portugal.
Désormais à la tête du Conseil de l’UE, le Portugal compte mettre l’accent sur les relations extérieures de l’Union. En plus de l’adoption du nouveau traité, la poursuite des négociations avec la Turquie seront également au coeur de l’action de la nouvelle présidence. Sur ce dossier, des désaccords apparaissent déja entre la France et le Portugal.
En Bref :
Lors de la présentation des priorités de la présidence portugaise de l’UE à Bruxelles, le 28 juin dernier, le secrétaire d’État aux Affaires européennes du Portugal, Manuel Lobo Autunes, s’est prononcé en faveur de la poursuite des négociations d’adhésion avec la Turquie.
Cette annonce écarte de fait le souhait du président français Nicolas Sarkozy d’organiser un débat sur les frontières de l’Europe avant de franchir une nouvelle étape dans les négociations. Ce dernier est en effet fermement opposé à l’entrée d’Ankara dans l’Union. Le secrétaire d’État portugais a affirmé que l’Europe avait « des dossiers plus urgents à traiter dans l’avenir immédiat » que la question des frontières de l’UE. Or, seul le pays qui assure la présidence décide des ordres du jour.
Selon le président français, la Turquie est un État d’Asie mineure, n’ayant pas vocation à rentrer dans l’Europe, d’où l’idée d’instaurer un partenariat privilégié avec ce pays et de l’inclure dans une Union méditérranéenne.
« Il est fondamental que la Turquie rejoigne l’Union européenne une fois qu’elle aura rempli tous les critères » a déclaré, à l’inverse, Manuel Lobo Autunes. « La Turquie a été candidat bien avant le Portugal ! Je ne vois aucune raison pour transformer ou stopper le contrat (…) Toutes les négociations d’adhésion ont un but : l’adhésion, une fois que les critères sont remplis (…) Les accords souscrits par les États membres doivent être respectés » a-t-il ajouté.
« Le dossier de la présidence portugaise le plus médiatique et le plus politiquement sensible concernera la négociation et l’accord sur un nouveau Traité » a par ailleurs annoncé Manuel Lobo Autunes. La conférence intergouvernementale (CIG) doit entamer ses travaux le 23 juillet prochain. Le Portugal espère faire adopter le nouveau traité dès la réunion informelle d’octobre 2007 entre les dirigeants des membres de l’UE.
Les relations extérieures de l’UE seront l’une des autres priorités du Portugal. Un domaine dans lequel « l’Europe doit réaliser des progrès concrets », estime Manuel Lobo Antunes. Le Portugal est déterminé à relancer les relations de l’UE avec l’Afrique, regrettant que sept ans aient déjà passé depuis la première rencontre avec l’Afrique au Caire. Manuel Lobo Antunes a ajouté : « Nous n’allons pas laisser de côté le Sommet UE-Afrique. Nous utiliserons toutes les ressources dont nous disposons pour ce Sommet qui se tiendra en décembre 2007 ». Le deuxième Sommet était prévu pour 2003 mais n’a jamais eu lieu en raison de l’opposition de certains pays européens à la présence du président du Zimbabwe, Robert Mugabe. Ce dernier était accusé de violations des droits de l’homme mais l’Union africaine avait insisté pour que tous ses membres soient présents. Le Portugal, ancien pays d’émigration devenu aujourd’hui une destination attractive pour les immigrés africains souhaite développer une « approche mondiale de l’immigration ».
La présidence portugaise cherchera également à établir des relations privilégiées avec le Brésil. Le premier Sommet UE-Brésil doit avoir lieu le 4 juillet 2007. Trois autres sommets sont prévus avec la Chine, l’Inde et l’Ukraine.