La présidence irlandaise de l’UE, une bouffée d’air frais ?
La future présidence irlandaise du Conseil de l’UE sera emplie de réalisme et d’optimisme, a expliqué le vice-premier ministre Eamon Gilmore aux journalistes lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs à Bruxelles. Il a déclaré que l’Irlande espérait devenir le premier pays à sortir du plan de sauvetage de l’UE et du FMI.
La future présidence irlandaise du Conseil de l’UE sera emplie de réalisme et d’optimisme, a expliqué le vice-premier ministre Eamon Gilmore aux journalistes lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs à Bruxelles. Il a déclaré que l’Irlande espérait devenir le premier pays à sortir du plan de sauvetage de l’UE et du FMI.
Eamon Gilmore, le vice-premier ministre irlandais, le Tánaiste en gaélique, a déclaré au Conseil de l’Union européenne hier (17 décembre) que les priorités de la présidence irlandaise étaient la surveillance bancaire, un accord sur le budget de l'UE et le chômage, principalement chez les jeunes.
La stratégie numérique pour l'Europe, le marché unique de l'UE, des accords commerciaux multilatéraux et bilatéraux (comme l'accord commercial entre l'UE et l'es États-Unis) et l'union bancaire font partie des axes prioritaires.
Alors que les dirigeants de l'UE ne sont pas parvenus à conclure un accord sur le budget pour 2014-2020 en novembre, les Irlandais devront aussi se charger de le mener à bien.
« Nous aiderons Herman Van Rompuy [le président du Conseil] dans la mesure du possible », a indiqué M. Gilmore.
Le vice-premier ministre a ajouté que son pays adopterait l'approche du « verre à moitié plein, non à moitié vide » au cours de sa présidence, qui commence le jour du 40e anniversaire de l'adhésion de l'Irlande à l'Union européenne.
Le pays criblé de dettes a reçu 85 milliards d'euros de renflouement de l'UE et du Fonds monétaire international (FMI). Le 1er janvier 2013, l’Irlande assumera la présidence tournante de six mois, après Chypre.
Enda Kelly, le premier ministre irlandais, le Taoiseach en gaélique, a qualifié l'Irlande de « pays en redressement qui fera avancer un programme de reprise pour l'Europe ».
L'Irlande était un microcosme de l'UE et tentait de stimuler la croissance économique et la création d'emplois tout en diminuant son propre déficit, a indiqué M. Gilmore. Il a ajouté que l'Irlande espérait devenir le premier pays à sortir du plan de sauvetage de l'UE et du FMI.
« Chose bien commencée est à demi achevée »
Des fonctionnaires irlandais ont déclaré qu'ils s'assureraient que la mise en oeuvre du mécanisme de surveillance unique (MSU) des 6 000 banques de la zone euro soit menée à bien. Ce mécanisme a été approuvé par les ministres des finances le 13 décembre. Eamon Gilmore a affirmé que l'union bancaire et le renforcement de la coordination économique étaient indispensables à la stabilité de l'UE.
Le ministre a cité le proverbe gaélique « Tús maith, leath na hoibre », « chose bien commencée est à demi achevée », afin de souligner sa volonté de poursuivre la dynamique créée par les évolutions qui ont eu lieu sous la présidence chypriote, dont le MSU.
Le MSU est considéré comme l'une des étapes principales vers une union bancaire achevée et une intégration économique renforcée au sein de la zone euro.
« Il est impératif d'agir rapidement », a estimé M. Gilmore. « Nous devons coordonner nos politiques économiques en réponse à la crise », a-t-il poursuivi. Il espérait également arriver à la conclusion d’un accord sur le budget de l'UE « au début de l'année prochaine » ainsi qu’à la signature et au lancement du cadre financier pluriannuel (CFP) d'ici la fin de l'année 2013.
Eamon Gilmore, qui est également ministre des affaires étrangères et du commerce, a expliqué que la présidence irlandaise « ciblerait les secteurs avec le potentiel de croissance le plus élevé », notamment les échanges commerciaux avec des pays en dehors de l'UE, le programme pour la compétitivité des entreprises et des PME (COSME) et le secteur du numérique.
Selon Lucinda Creighton, la ministre irlandaise des affaires européennes, l'économie numérique serait l'un des moteurs clés de la croissance. Elle a cité des estimations gouvernementales qui indiquent que, pour chaque emploi perdu, 2,6 nouveaux postes pourraient être créés en ligne et le PIB de l'UE pourrait être stimulé de quelque 2 %.
Mme Creighton a indiqué à des journalistes que le programme d'échange d'étudiants Erasmus serait « essentiel » pour la présidence.
Le Parlement européen a récemment voté un accord sur le budget 2013 qui garantit le financement du programme Erasmus dont l'existence avait été menacée alors que les États membres appelaient à des coupes budgétaires.
Rory Montgomery, le représentant permanent de l'Irlande auprès de l'UE, a indiqué que la taxe controversée sur les transactions financières serait également une priorité, même si l'Irlande n'y participait pas depuis le début.
« Premier prix »
Le vice-premier ministre a indiqué que 90 % de la croissance mondiale en 2020 aurait lieu en dehors de l'UE, soulignant la nécessité de conclure de nouveaux accords commerciaux.
Selon le ministre irlandais du commerce, si l'UE conclut tous les accords de libre?échange en cours de négociations, le PIB du continent augmenterait de quelque 2 %.
Eamon Gilmore a affirmé que le gouvernement irlandais tenterait d'utiliser ses relations étroites avec les États-Unis afin de négocier un accord de libre-échange (ALE) avec la première économie mondiale. M. Montgomery a indiqué qu’il s'agirait d’un « premier prix » pour la présidence. Le vice-premier ministre a ajouté que les Américains considéraient également cet accord comme une priorité.
Il a toutefois souligné le besoin de « réalisme » et a reconnu que tout accord « ambitieux » pouvait toujours rencontrer des obstacles.
La présidence irlandaise travaillera à des accords commerciaux réalisables plus rapidement et tentera de conclure les premiers accords de libre-échange avec le Canada et Singapour.
Mme Creighton a affirmé que la présidence irlandaise serait également « très enthousiaste » quant au processus d'élargissement. Elle a ajouté qu'il n'y aurait pas de « manque d'engagement » avec des pays tels que la Serbie et la Turquie. Des analystes ont critiqué les Chypriotes parce qu'ils s'étaient montrés froids avec la Turquie qui ne reconnaît pas la République de Chypre.