La Pologne propose le gourou de la « thérapie de choc » comme directeur du FMI
Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré aujourd'hui (20 mai) que Leszek Balcerowicz, l'architecte des réformes qualifiées de « thérapie de choc » au début des années 1990, pourrait être un bon candidat pour le poste de directeur du Fonds monétaire international.
Le premier ministre polonais, Donald Tusk, a déclaré aujourd'hui (20 mai) que Leszek Balcerowicz, l'architecte des réformes qualifiées de « thérapie de choc » au début des années 1990, pourrait être un bon candidat pour le poste de directeur du Fonds monétaire international.
Toutefois, M. Tusk a ajouté qu'il n'avait pas encore fait de M. Balcerowicz, âgé de 64 ans, un candidat officiel, dans la mesure où il n'était « pas sûr » qu'un candidat polonais puisse remporter le poste qui est vacant depuis la démission de Dominique Strauss-Kahn.
La Pologne n'est pas un pays membre de la zone euro. Toutefois, la position officielle de l'UE est que son candidat doit provenir d'un pays de l'Union, mais pas nécessairement d'un membre de la zone euro.
M. Balcerowicz est un ancien vice-premier ministre et ministre des finances, et il a récemment occupé le poste de président de la Banque nationale de Pologne. Il est surtout connu pour le « plan Balcerowicz » qui avait pour but de mettre un terme à l'hyperinflation dans le pays aux premières heures de sa transition vers l'économie de marché.
Ce plan a remporté beaucoup de succès, mais a mené à une augmentation substantielle des prix, ce qui lui a valu le surnom de « thérapie de choc ». Par la suite, cette « thérapie de choc » a été appliquée dans les autres économies postcommunistes.
Aujourd'hui, M. Balcerowicz est professeur d'économie à la Warsaw School of Economics et membre du conseil d'administration de Bruegel, un groupe de réflexion situé à Bruxelles.
L'ancien premier ministre polonais, Krzysztof Bielecki, aurait déclaré que les chances de M. Balcerowicz de remporter le poste de directeur du FMI étaient minces.
M. Bielecki, en tant qu'économiste respecté, a déclaré que les favoris seraient la ministre française des finances, Christine Lagarde, et l'ancien premier ministre britannique, Gordon Brown. M. Brown ne dispose toutefois pas du soutien de son successeur, le premier ministre conservateur, David Cameron.
Pour le moment, Bruxelles semblerait favoriser Mme Lagarde pour succéder à son compatriote à Washington. Selon Reuters, sa gestion habile de la présidence du G20 aurait fait d'elle la favorite s'agissant de devenir la première femme à diriger le FMI.
Squelette dans le placard
Une éventuelle enquête judiciaire pourrait cependant nuire à sa candidature.
En 2007, Mme Lagarde, déjà ministre à l'époque, était intervenue pour mettre fin à une procédure judiciaire au cours de laquelle le politicien français Bernard Tapie affirmait avoir été floué par le Crédit Lyonnais. Elle avait demandé à un groupe spécial de juges de procéder à un arbitrage, ce qui a donné lieu au versement de 285 millions d'euros de dommages et intérêts à M. Tapie, un ami du président Nicolas Sarkozy. Ce règlement extrajudiciaire fut qualifié de scandaleux par l'opposition et l'opinion publique.
Mme Lagarde nie toute faute professionnelle et il n'existe aucune preuve qu'elle aurait personnellement tiré profit de cette décision. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, a d'ailleurs déclaré hier concernant les « squelettes dans le placard » des éventuels candidats que le prochain dirigeant du FMI devrait être « une personne avec une éthique irréprochable ».
Le sommet du G20 à Londres en 2009 avait décidé que le prochain directeur du FMI serait choisi au mérite. Mais dans la mesure où l'Europe est toujours en train de tenter de stabiliser les pays de la zone euro comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal, les dirigeants européens insistent apparemment à nouveau pour que le poste soit réservé à un ressortissant de l'UE (voir « Contexte »).