La Pologne durcit les lois de séjour des réfugiés ukrainiens
Le gouvernement a proposé un amendement à une loi spéciale sur l’assistance aux citoyens ukrainiens, renforçant les règles qui les obligent à couvrir certains de leurs frais, ont rapporté les médias locaux.
Le gouvernement a proposé un amendement à une loi spéciale sur l’assistance aux citoyens ukrainiens, renforçant les règles qui les obligent à couvrir certains de leurs frais, ont rapporté les médias locaux.
Les réfugiés ukrainiens qui sont arrivés en Pologne après le début du conflit armé en Ukraine seront désormais obligés d’obtenir un numéro d’identification national, le PESEL. Ils auront également un accès restreint aux prestations sociales, telles que les 500 zł (104 €) mensuels pour les allocations familiales, et devront participer à la couverture de leurs frais de subsistance, a rapporté Dziennik Gazeta Prawna.
« Nous ne pouvons pas financer indéfiniment le séjour des réfugiés », a déclaré le vice-ministre de l’Intérieur Paweł Szefernaker à la radio RMF FM au début du mois. « Nous avons encore environ 80 000 réfugiés hébergés dans des lieux de logement collectif, comme des marchés de couverture, des casernes de pompiers ou des chambres d’hôtes », a-t-il ajouté.
Selon le ministère, depuis janvier, les Ukrainiens qui vivent dans ces lieux depuis plus de 120 jours doivent couvrir 50 % de leurs frais. L’idée est qu’ils finissent par devenir complètement autonomes, a déclaré M. Szefernaker.
Environ 1 400 000 Ukrainiens détiennent un numéro polonais PESEL, mais tous les Ukrainiens vivant en Pologne n’en ont pas fait la demande. Si la nouvelle loi entre en vigueur, ils auront 30 jours pour se conformer aux règles et obtenir le numéro.
Cette obligation « mettra de l’ordre dans la situation [des résidents ukrainiens] et démantèlera les obstacles sur le chemin de certains services publics », estime Grzegorz Kubalski de l’Association des départements polonais (ZPP).
D’autre part, les nouvelles règles d’accès à la protection sociale visent à mieux contrôler les versements et à minimiser le risque que des personnes bénéficient illégalement de prestations. Selon les dispositions actuelles, les étrangers qui quittent la Pologne pendant plus d’un mois perdent leur droit à la résidence légale et aux allocations familiales.
La nouvelle loi permettra également à l’institut d’assurance sociale (ZUS) et aux collectivités locales d’obtenir davantage d’informations sur chaque Ukrainien qui entre ou quitte la Pologne, ce qui, selon le ministère polonais de l’Intérieur, contribuera à prévenir la fraude aux prestations sociales.