La Pologne bloque la déclaration de l'UE sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie

Une coalition d’États membres menée par la Pologne a bloqué une déclaration concernant la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie à Usnarz Dolny, car le projet proposé par la présidence slovène du Conseil de l’UE était « trop faible ».

EURACTIV Pologne
Refugees on border area between Poland and Belarus
Des secouristes ambulanciers aident les membres d'un groupe de réfugiés trouvés à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, près de la ville d'Usnarz Górny, dans le nord-ouest de la Pologne, le 22 août 2021. [Artur Reszko/EPA]

Une coalition d’États membres menée par la Pologne a bloqué une déclaration concernant la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie à Usnarz Dolny, car le projet proposé par la présidence slovène du Conseil de l’UE était « trop faible » et ne comportait pas de références à la guerre hybride du président biélorusse Alexandre Loukachenko et à la nécessité de travailler sur les faiblesses de l’UE à cet égard. Les ministres de l’Intérieur se réunissent mardi (31 août) pour adopter une déclaration commune.

La Commission européenne s’est rangée du côté du gouvernement polonais concernant la question de la guerre hybride.

Cependant, la situation à Usnarz reste inchangée, ce qui signifie que la santé des migrants pris entre les deux pays continue de se détériorer. Le temps, lui aussi, se dégrade, puisqu’il fait froid et pluvieux, a informé la fondation Ocalenie.

« Mme Gul ne se lève pas. Elle a de la fièvre et une respiration superficielle. Nargies vomit. Le ruisseau qui était leur source d’eau s’est transformé en gadoue. Ils ont perdu l’accès à l’eau. Ils ont pris leur dernier repas — du pain sec — la veille au soir. Le pain a été reçu des gardes-frontières biélorusses, qui continuent de bloquer les migrants de l’autre côté », selon l’un des récits des migrants d’Usnarz.

Les migrants d’Usnarz restent largement déshumanisés et instrumentalisés par les politiciens polonais et les médias.

Selon le sociologue Jakub Bierzyński, « ces gens sont des otages. Alexandre Loukachenko et Jaroslaw Kaczyński les utilisent pour leurs objectifs politiques individuels. »  La Pologne attendrait-elle son propre Alan Kurdi — l’enfant de trois ans dont le corps sans vie sur les rives de l’île grecque de Kos a secoué l’Europe en 2015 ?