La note irlandaise a du plomb dans l’aile

Pour Moody’s, la dette du pays devient "spéculative". L’agence américaine redoute les effets de la participation des banques à un éventuel second paquet d’aides.

EURACTIV.fr

Pour Moody’s, la dette du pays devient « spéculative ». L’agence américaine redoute les effets de la participation des banques à un éventuel second paquet d’aides.

Les avertissements émis par certains dirigeants européens sur les méthodes des agences de notation n’ont pas dissuadé Moody’s de dégrader la note irlandaise. Depuis le 12 juillet, la dette souveraine du pays s’établit à Ba1, soit un cran plus bas qu’avant (Baa3). Comme le Portugal, l’Irlande fait désormais partie des pays dont les obligations sont qualifiées de « spéculatives ».

Dans son communiqué, Moody’s ne remet pas en cause « la compétitivité continue de l’économie irlandaise » et reconnaît que le pays est doté d’un « environnement fiscal favorable aux entreprises». Malgré ces atouts, Moody’s a estimé qu’un abaissement de la note était justifié. En cause, la « possibilité accrue » de faire de « la participation des investisseurs (…) un pré-requis » pour n’importe quel futur paquet d’aides, écrit l’agence dans un communiqué. Or, il est probable que Dublin ait besoin d’une rallonge qui complèterait les 85 milliards d’euros déjà accordés par le FMI et l’UE.

Décision regrettable

Si Moody’s remarque que « la note Ba1 de l’Irlande traduit un risque de restructuration bien plus faible qu’en Grèce », la participation des banques impliquera des pertes inévitables pour les investisseurs privés détenteurs d’obligations irlandaises.

Bruxelles n’a pas manqué de réagir, signifiant son désaccord à l’agence. « La Commission européenne regrette la décision prise par Moody’s aujourd’hui d’abaisser la note de l’Irlande », écrit Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn.

« Cela contraste beaucoup avec les données récentes, qui vont dans le sens d’un retour à la croissance du PIB cette année et avec la mise en oeuvre du programme de façon déterminée par le gouvernement irlandais (…). Grâce à cette action déterminée, le programme irlandais est tout à fait en bonne voie », a-t-il dit.

Selon les projections, la dette irlandaise devrait atteindre 120% du PIB en 2013, puis diminuer ensuite. En novembre, l’Irlande a adopté des mesures de rigueur étalées sur quatre ans, à hauteur de 15 milliards d’euros.