La Norvège a l'intention d'adopter le système européen d'échange de quotas d'émission [FR]

Alors que les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour fixer de nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, le ministère des finances norvégien a déclaré qu'il prévoyait de rejoindre le système d'échange de quotas d'émission de CO2.

Alors que les dirigeants européens sont réunis à Bruxelles pour fixer de nouveaux objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, le ministère des finances norvégien a déclaré qu’il prévoyait de rejoindre le système d’échange de quotas d’émission de CO2.

Le 8 mars, la Norvège a annoncé son intention de se conformer à une directive européenne fixant les règles et les procédures dans le cadre du système européen d’échange de quotas d’émissions, même si le pays n’est pas membre de l’UE. 

Cette annonce intervient alors que les chefs d’Etat et de gouvernement à Bruxelles se préparent à adopter un nouvel objectif ambitieux de réduction « unilatérale » des émissions de gaz à effet de serre de 20% d’ici 2020 par rapport à 1990.

Le système d’échange de quotas norvégien devrait être instauré et fonctionner à temps pour la période 2008-2012, qui coïncide avec la seconde période d’échange de quotas dans le cadre du système ETS. 

Cependant, la ministre des finances, Kristin Halvorsen, a précisé que le système norvégien serait différent du système européen. « Nous mettrons en place un système bien plus strict que celui de l’UE, » a-t-elle déclaré selon Reuters lors d’une conférence le 8 mars. « Nous serons en première ligne dans la lutte contre le changement climatique. »

Le système norvégien couvrirait environ 40% des émissions de gaz à effet de serre du pays et le nombre de permis de polluer alloués à l’industrie serait inférieur à celui prévu dans le cadre du système ETS, a indiqué Mme Halvorsen. Avec moins de crédits de pollution, cette dernière prévoit que le prix pour émettre une tonne de CO2 devrait passer à environ 24 dollars, soit au-dessus du niveau européen actuel. 

Par ailleurs, la taxe sur le carbone pour les industries du pays sera supprimée afin de ne pas pénaliser davantage l’industrie norvégienne. 

Parmi les secteurs couverts par le système figurent la production énergétique, la rafinerie de pétrole, la métallurgie, la cimenterie, la production de céramiques, l’industrie du bois et la pêche, a indiqué le ministère des finances dans un communiqué. 

Le système norvégien sera adopté dans le cadre d’une loi en 2008, après une première période de consultation qui durera jusqu’au 15 avril 2007.

Cette annonce est un signe d’encouragement pour la Commission, qui souhaite créer un noyau autour d’un système d’échange de quotas d’émissions dans lequel elle espère voir un jour d’autres pays industrialisés comme les Etats-Unis.