La Moldavie se voit promettre 695 millions d’euros d’aide

La Moldavie s’est vu promettre une aide financière de 695 millions d’euros, a-t-on appris mardi (5 avril) à Berlin. Ce pays, qui est le plus pauvre d’Europe, est menacé d’effondrement économique en raison de la guerre qui fait rage chez son voisin oriental, l’Ukraine.

EURACTIV.com
Germany Hosts Moldova Support Conference
(De gauche à droite) Le ministre roumain des Affaires étrangères Bogdan Aurescu, la Première ministre moldave Natalia Gavrilita, la ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock et le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s’adressent aux médias après la conférence de soutien à la Moldavie au ministère des Affaires étrangères à Berlin, le 5 avril 2022. [Sean Gallup/EPA]

La Moldavie s’est vu promettre une aide financière de 695 millions d’euros, a-t-on appris mardi (5 avril) à Berlin lors d’une conférence internationale des donateurs. Ce pays, qui est le plus pauvre d’Europe, est menacé d’effondrement économique en raison de la guerre qui fait rage chez son voisin oriental, l’Ukraine.

Les représentants de plus de 30 organisations internationales et pays se sont réunis à Berlin pour promettre de soutenir la Moldavie en lui apportant des millions de dollars d’aide humanitaire, de soutien budgétaire et d’autres aides financières.

Les pays présents ont convenu d’aider Chisinau en lui accordant 695 millions d’euros de prêts et de subventions, dépassant ainsi les besoins financiers extérieurs estimés à 480 millions d’euros dont la Moldavie aurait besoin selon la Commission européenne. En outre, les pays ont également promis 71 millions d’euros d’aide humanitaire.

Par ailleurs, 12 000 des 100 000 réfugiés qui résident actuellement en Moldavie seront relocalisés afin de soulager la pression sur le pays qui ne compte que 3,5 millions d’habitants au total.

« Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour dire clairement que la Moldavie n’est pas seule. Nous voyons les défis auxquels vous êtes confrontés. Nous sommes à vos côtés et nous agissons de manière préventive », a déclaré la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui a co-organisé la conférence avec ses homologues français et roumain.

« Aucun pays n’est dans l’arrière-cour de la Russie et personne n’est condamné à vivre sans liberté parce que le gouvernement russe le veut et que son rêve nationaliste le réclame », a-t-elle ajouté.

Les sanctions contre la Russie frappent durement la Moldavie, qui est fortement dépendante des importations de gaz russe. Les prix du gaz sont montés en flèche depuis le début de la guerre et sont environ 360 % plus élevés qu’en septembre dernier. Plus d’un quart de la population du pays consacre environ 25 % de ses revenus aux ressources énergétiques uniquement.

La conférence de solidarité à l’égard de la Moldavie devrait être organisée régulièrement. « Nous sommes ici pour le long terme pour aider et travailler avec nos amis moldaves », a déclaré le ministre roumain des Affaires étrangères, Bogdan Aurescu, lors de la conférence de presse, ajoutant que la prochaine conférence devrait avoir lieu en Roumanie dans les mois à venir.

Cette décision intervient un jour après que le Conseil de l’UE a également promis une aide de 150 millions d’euros : 120 millions d’euros qui seront accordés à la Moldavie sous forme de prêts à taux avantageux et 30 millions d’euros qui prendront la forme de subventions.

Un pays sous l’emprise de la Russie

Avant même que la guerre n’éclate, l’ancienne république soviétique devait faire face à des problèmes considérables. Depuis que le gouvernement pro-européen a prêté serment l’année dernière, la Russie a commencé à montrer ses muscles sur le plan économique et à exercé une pression croissante sur le pays.

« Nous sommes le seul pays d’Europe dont les importations de gaz dépendent à 100 % d’un seul fournisseur, et c’est Gazprom », a souligné la Première ministre moldave Natalia Gavrilița.

La Russie a utilisé cette dépendance économique comme un levier politique, en offrant au pays qui se rapproche de plus en plus de l’Europe des conditions d’achat de gaz manifestement plus mauvaises.

Avant même le début de la guerre, l’inflation avait atteint plus de 18 % en raison de la hausse des prix de l’énergie, ce qui a conduit la Moldavie à déclarer l’état d’urgence en octobre 2021.

En mars, Moscou a annoncé une nouvelle augmentation des prix du gaz, la justifiant par l’alignement étroit de la Moldavie sur l’Occident. Depuis le 1er avril, le pays doit faire face à des prix plus qui ont plus que doublés pour ses importations de gaz en provenance de Russie, a annoncé mercredi le directeur de la compagnie énergétique publique Moldovagaz, Vadim Ceban.

La situation du pays est encore compliquée par la région sécessionniste de Transnistrie, dans l’est de la Moldavie, qui est pro-Kremlin. Si la région sécessionniste exacerbe la situation sécuritaire de la Moldavie, elle met également en cause la résilience énergétique du pays, puisque la plus grande centrale électrique du pays est également située dans la région séparatiste.

« La centrale électrique qui fournit de l’électricité est située en Transnistrie et, en ce qui concerne le chauffage, il existe des dépendances majeures en République de Moldavie », a souligné Mme Baerbock, ajoutant que le soutien financier promis est censé aider Chisinau à assumer la flambée des prix de l’énergie.

Toutefois, Mme Baerbock a souligné qu’à long terme, l’Europe devrait aider la Moldavie à créer les infrastructures nécessaires pour diversifier son approvisionnement énergétique.

« Nous devons créer une interconnexion avec le réseau européen et promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables », a-t-elle déclaré.