La moitié des aliments en UE contiennent des traces de pesticides

Un nouveau rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) révèle qu'un quart des échantillons alimentaires analysés contiennent des traces de plusieurs pesticides.

EURACTIV.com
Pulvérisation d’insecticides
Pulvérisation d'insecticides [<a href="https://www.flickr.com/photos/stmaartenpiloot/10947548964/in/photolist-hFp3Ud-r77hdQ-9nFTR2-9nFSKa-4G2EfK-4MtZUF-3HRSHZ-54ybt1-55mQiP-7hRyKL-7hMBEg-54yaqW-bsD2eD-7sfiPi-54y7J7-o2bpyJ-7TiZ1v-769aoS-faffzb-bWx5ck-a1hkND-mG6hSn-mG8foE-f5JUHV-8MXeJi-o95a6-mnh1hu-mnh1bY-mnh14o-8xnbG9-71nRS2-6TmkDx-7gwsEu-7q8A6H-ag7Jeg-8nuySA-pm4ZeY-9BCA66-4SD8sy-bkaHgq-65b3vw-boGZbf-4oSBXB-dcArQS-mG6yPR-7BLXKv-4Momau-dcArHu-7TnhMw-e6EQGQ" target="_blank" rel="noopener">[Pieter ban Marlon/Flickr]</a>]

Un nouveau rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) révèle qu’un quart des échantillons alimentaires analysés contiennent des traces de plusieurs pesticides.

Environ 55 % des échantillons examinés ne contenaient aucune trace détectable de pesticides, indique un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui se base sur presque 81 000 échantillons d’aliments collectés dans 27 pays membres de l’UE ainsi qu’en l’Islande et en Norvège.

Fraises et laitues

Les aliments qui dépassent le taux de pesticides autorisé par l’UE sont les fraises (2,5 % de l’échantillon) et les laitues (2,3 %). Particulièrement sensibles aux champignons et aux insectes, elles subissent de nombreuses pulvérisations de pesticides.

Les pays participants ont réalisé deux programmes de suivi pour le rapport. Un programme national conçu par chaque pays, et un programme coordonné par l’UE pour lequel les autorités de contrôle alimentaire de chaque pays ont réalisé le suivi des mêmes produits alimentaires.

Selon l’EFSA, 1,5 % des échantillons excédaient clairement les limites légales, même en prenant en compte l’incertitude des mesures. L’agence, basée à Parme, a annoncé que les résultats avaient déclenché des sanctions juridiques ou administratives contre les exploitants du secteur alimentaire.

« Effets cocktail »

Par ailleurs, plus d’un quart (27,3 %) des échantillons alimentaires contenaient des traces de plus d’un pesticide.

Les organisations pour la santé et pour l’environnement ont néanmoins souligné que l’EFSA n’avait pas examiné les effets combinés des résidus de plusieurs pesticides sur les humains. Les toxicologues appellent cela « l’effet cocktail »

« Fournir des statistiques de la quantité d’un seul pesticide dans les aliments est une méthode trop simpliste », affirmé Martin Dermine, du Pesticide Action Network, un réseau d’ONG contre les pesticides.

« Même si 97 % des aliments consommés à travers l’UE n’excèdent pas la limite maximale de résidus de pesticides (LMR), le nombre total de résidus trouvés dans les aliments a augmenté ces dernières années. C’est inquiétant car on ne connait pas bien les effets combinés des pesticides sur la santé humaine », a rappelé Martin Dermine.

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Tatiana Santos, responsable des politiques sur les produits chimiques au Bureau européen de l’environnement, un réseau d’ONG environnementales, pense que l’EFSA devrait revoir la LMR à la baisse car de telles limites sont, selon elle, « purement théoriques ».

« La seule donnée que l’EFSA devrait utilisée pour parler de sécurité alimentaire devrait être l’absence totale de résidus », a-t-elle ajouté.

L’EFSA a répondu à ces critiques dans un email adressé à EURACTIV, dans lequel elle rappelle que l’évaluation des risques cumulés n’était pas inclue dans le champ d’application du rapport.

« Toutefois, en se basant sur l’évaluation de l’exposition à un seul résidu de pesticide et sur l’expérience des précédents rapports, nous pensons que la présence de résidus multiples dans les aliments comme les fraises par exemple ne pose pas de problèmes sévères pour la santé », a répondu l’agence.

« L’EFSA travaille actuellement sur l’évaluation des risques cumulés, qui se penchera sur de possibles effets sur des maladies chroniques et se basera sur des échantillons de 2011, 2012 et 2013 » a annoncé l’agence.