La modernisation du trafic aérien est cruciale pour Siim Kallas

Aujourd'hui (25 novembre), la Commission européenne a expliqué que la plupart des pays de l'UE n'améliorait, ni ne modernisait, leur gestion du trafic aérien régional, ce qui contribue à l'accumulation des retards accusés de l'augmentation des coûts et de la pollution.

EURACTIV.com
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Aujourd'hui (25 novembre), la Commission européenne a expliqué que la plupart des pays de l'UE n'améliorait, ni ne modernisait, leur gestion du trafic aérien régional, ce qui contribue à l'accumulation des retards accusés de l'augmentation des coûts et de la pollution.

La quasi-totalité des Etats de l'UE ne respectent pas les engagements pris dans le cadre de l'initiative « Ciel unique européen » visant à intensifier les contrôles aériens transfrontaliers d'ici 2012.

L'amélioration de l'efficacité du transport aérien est considérée comme un élément clé d'un point de vue environnemental et financier, et agit également sur la croissance de la demande : le nombre de passagers aériens augmente de 5 % par an à travers l'Europe, et devrait atteindre 17 millions par an d'ici 2030.

Le vice-président de la Commission et commissaire aux transports, Siim Kallas, a qualifié 2012 d' « année de changement ou de rupture » suite à la publication d'un rapport de la Commission sur l'initiative du ciel unique.

« Il existe un vrai risque que nous soyons à la traîne et que nous ne soyons pas en mesure de satisfaire la demande grandissante en matière de trafic aérien, qui devrait presque doubler d'ici 2030 », a expliqué M. Kallas.

L'initiative « Ciel unique européen », élaborée en 1999 et révisée depuis, a pour objectif d'instaurer une coopération transfrontalière par le biais de blocs d'espaces aériens fonctionnels (FAB) conçus pour favoriser la collaboration des Etats en matière de contrôle de la circulation aérienne. Elle permettrait d'améliorer le système actuel dans lequel les avions ont affaire à différents contrôleurs au sol quand ils entrent dans l'espace aérien d'un autre pays, ce qui implique des coûts et une certaine confusion.

Les meneurs et les retardataires

Il existe neuf FAB européens. Toutefois, selon l'exécutif européen, la plupart de ces blocs ne fonctionnent pas. Le Danemark et la Suède, qui forment l'un de ces blocs, sont les plus à même d'atteindre les objectifs de 2012. Cinq autres pays de l'UE (l'Allemagne, la Belgique, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas), en plus de la Suisse et des pays qui forment la zone de contrôle centrale et occidentale, freinent les progrès du reste de l'Europe.

« Ces blocs sont essentiels, car ils génèrent des avantages réels pour les usagers et les passagers, en permettant de réduire les coûts et d'augmenter les capacités », affirme l'exécutif européen dans son rapport.

De manière générale, la Commission assure que seuls la Belgique, le Danemark, la Lituanie, le Luxembourg et les Pays-Bas sont en passe d'atteindre les objectifs de l'UE en termes de modernisation et d'amélioration de la gestion du trafic et de diminution des retards.

Certaines initiatives remontent aux années 1990, lorsque l'UE cherchait à améliorer la coopération continentale. Les efforts plus récents visant à organiser la gestion de la circulation aérienne sans tenir compte des frontières devraient permettre d'améliorer la sécurité, la durabilité, la capacité, le rapport coût-efficacité et la ponctualité des vols.

La pression pour instaurer ces mesures s'est intensifiée avec l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull au printemps 2010, qui a entraîné plusieurs jours de chaos et des pertes colossales pour les lignes aériennes. Cet évènement a également révélé au grand jour les incohérences du contrôle aérien en Europe.

À qui la faute ?

Certaines organisations défendant les intérêts des transporteurs aériens ont accusé l'UE d'injecter des sommes disproportionnées dans le transport ferroviaire, qui ne représente pourtant que 12 % des services de transport de passagers en Europe, alors que les compagnies aériennes prennent en charge quelque 1,4 milliard de passagers par an, et 26 000 vols par jour.

L'Association européenne des compagnies d'aviation des régions d'Europe (ERA) a récemment publié un rapport remettant en cause les avantages de ces investissements dans les trains à grande vitesse, affirmant que le réseau ferroviaire européen était injustement favorisé par rapport aux compagnies aériennes, dans la mesure où la plupart des coûts d'infrastructures sont financés par des fonds publics.

« Il existe un parti pris éhonté en faveur des chemins de fer », a déclaré à EURACTIV Simon McNamara, le directeur général adjoint de l'ERA. « La balance penche trop de leur côté et nous pensons que cette situation doit être corrigée. Nous espérons que cette étude permettra d'amorcer le processus. »

Dans un rapport publié hier, la Commission a constaté :

·        le « niveau faible » de contrôle des prestataires de services dans le domaine de la circulation aérienne ;

·        Le « manque considérable d'interopérabilité entre les systèmes de navigation aérienne » des pays et les  « obstacles à la mobilité » des contrôleurs aériens ;

·        La fragmentation persistante en matière d'équipement et de technologie.