La migration, un sujet sensible en Autriche alors que les demandes d’asile augmentent « de façon spectaculaire »

Avec l’assouplissement des restrictions de déplacement liées à la pandémie de Covid-19 et le déclenchement de nouveaux conflits, l’Autriche connaît une nouvelle flambée du nombre de réfugiés.

Euractiv.com
Border protection drill ‘ProBorders’ in Spielfeld
Le nombre de demandeurs d’asile a augmenté « de façon dynamique, spectaculaire », a expliqué le ministre de l’Intérieur, Gerhard Karner. Il a également souligné les 2 500 enquêtes spéciales menées depuis mai. [EPA-EFE/CHRISTIAN BRUNA]

Les questions de migration ont longtemps dominé la politique autrichienne, contribuant à la présence historiquement élevée de l’extrême droite en politique. Avec l’assouplissement des restrictions de déplacement liées à la pandémie de Covid-19 et le déclenchement de nouveaux conflits, le pays connaît une nouvelle flambée du nombre de réfugiés.

Le pays a enregistré 68  800 migrants et 440 passeurs depuis qu’elle a lancé son opération de lutte contre le trafic de migrants en mai.

Le nombre de demandeurs d’asile a augmenté « de façon dynamique, spectaculaire », a expliqué le ministre de l’Intérieur, Gerhard Karner. Il a également souligné les 2 500 enquêtes spéciales menées depuis mai.

L’initiative visait initialement à contrer le trafic de personnes et les « abus en matière d’asile ». En 2021, les autorités avaient localisé 441 passeurs au total, alors que quelque 330 avaient été arrêtés en 2020.

Entre-temps, 56  000 personnes ont demandé l’asile en Autriche. Les plus nombreux sont les réfugiés d’Afghanistan (12  000), suivis des Syriens (10  000). M. Karner déplore le grand nombre d’Indiens et de Tunisiens (15  000) qui ont peu de chances de voir leur demande d’asile acceptée.

Sur le plan politique, la situation devient de plus en plus explosive, comme en témoigne la rencontre du chancelier autrichien Karl Nehammer avec le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre hongrois Viktor Orban début octobre.

« Tant que l’UE n’intervient pas avec des mesures efficaces, nous devons nous aider nous-mêmes. C’est pourquoi l’Autriche fait tout pour se protéger », a expliqué M. Nehammer.

« Cela impliquerait des mesures à venir en collaboration avec la Serbie et la Hongrie, car si les frontières serbes et hongroises sont protégées, notre propre frontière l’est aussi », a-t-il noté.

Le Parti de la liberté d’Autriche (Freiheitliche Partei Österreichs, FPÖ), parti d’extrême droite, a quant à lui épinglé le gouvernement.

« Apparemment, le ministre de l’Intérieur ne prend conscience que maintenant de la gravité de la situation. Mais où sont les conclusions et les mesures ? », a commenté Michael Gruber, porte-parole du FPÖ de Haute-Autriche pour la sécurité.