La menace russe éclipse le sommet UE-Afrique
Les dirigeants européens se réunissent jeudi 17 février pour un sommet avec leurs homologues africains. Mais l'événement risque d'être éclipsé par les discussions sur les tensions actuelles entre la Russie et l'Ukraine.
Les dirigeants de l’UE se réunissent ce jeudi (17 février) pour un sommet avec leurs homologues africains, mais celui-ci risque d’être éclipsé par les discussions sur les tensions actuelles entre la Russie et l’Ukraine.
Une réunion ad hoc se tiendra juste avant le début du sommet UE-Afrique prévu de longue date. Cette dernière aura lieu vers midi et durera probablement une heure, a déclaré le porte-parole du président du Conseil européen Charles Michel.
Il est difficile d’imaginer que 27 chefs d’État et de gouvernement puissent discuter de la Russie et du risque de guerre en une heure seulement.
Les responsables de l’UE ont déclaré que les discussions seront informelles et n’ont pas été convoquées en réaction à des développements particuliers, mais qu’elles ont uniquement lieu pour échanger des points de vue. Aucun communiqué officiel ne sera publié concernant cette réunion.
« Les dirigeants sont réunis à Bruxelles pour le sommet UE-Afrique et ils souhaitaient se rencontrer et discuter de la crise à la frontière ukrainienne, se tenir au courant, échanger des informations et des points de vue », a déclaré l’un des responsables européens.
Ces dernières semaines, l’idée d’un sommet extraordinaire de l’UE pour discuter du risque de guerre a été évoquée à plusieurs reprises.
Les Européens, tout comme les Américains, le Britanniques et d’autres alliés, prévoient de sanctionner une éventuelle invasion russe de l’Ukraine par un vaste ensemble de sanctions immédiates qui pourraient inclure le contrôle des exportations de composants destinés aux secteurs de la technologie et de l’armement, ainsi que des sanctions à l’encontre de certaines banques et de certains oligarques russes.
On s’attend à ce que la Russie riposte en adoptant des contre-sanctions, qui pourraient frapper certains États membres de l’UE plus que d’autres.
La Commission européenne, qui élabore les possibilités de sanctions et les garde secrètes, a consulté les États membres de l’UE pour apaiser leurs inquiétudes.
Toutefois, certains États membres de l’Union, comme l’Italie, ont exprimé ces derniers jours leur inquiétude quant à l’impact que pourrait avoir de nouvelles sanctions russes sur leur économie nationale.
Tout ensemble de sanctions devrait être approuvé à l’unanimité par les 27 États membres de l’UE, très probablement à l’issue d’un sommet d’urgence réunissant les dirigeants, qui, selon les responsables européens, « pourrait être convoqué à tout moment si nécessaire ».
Ces derniers jours, les responsables occidentaux ont prévenu que les exercices militaires russes étaient à leur apogée et que le risque d’une agression russe contre l’Ukraine serait encore élevé pour le reste du mois de février.
Dans le même temps, les ministres de la Défense de l’OTAN se sont réunis à Bruxelles, en marge du sommet, pour discuter du renforcement du dispositif militaire de l’alliance en Europe du Sud-Est. Ils rencontreront jeudi leurs homologues des États partenaires, l’Ukraine et la Géorgie.
Mercredi 16 février, l’OTAN a accusé la Russie de déployer de nouvelles troupes dans le cadre d’un vaste dispositif militaire autour de l’Ukraine, alors que Moscou a déclaré qu’elle retirait ses forces et était ouverte à la diplomatie.
Après les discussions informelles des 27, on s’attend à ce que la Russie soit également présente dans les discussions des dirigeants européens avec leurs homologues africains. La France devrait en effet retirer ses troupes du Mali, où des mercenaires du groupe russe Wagner opèrent et sapent les missions militaires occidentales.