La menace de Gazprom pèse sur les élections en Ukraine [FR]

Deux jours après la victoire des partis pro-occidentaux aux élections parlementaires en Ukraine, le géant énergétique russe Gazprom menace de suspendre les approvisionnements de gaz, rappelant la crise gazière qui a suivi la « Révolution orange ».

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Deux jours après la victoire des partis pro-occidentaux aux élections parlementaires en Ukraine, le géant énergétique russe Gazprom menace de suspendre les approvisionnements de gaz, rappelant la crise gazière qui a suivi la « Révolution orange ».

Le 2 octobre 2007, le monopole énergétique russe, qui entretient des liens étroits avec le Kremlin, a annoncé qu’il réduirait l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine à moins qu’une facture de 1,3 milliard de dollars (918 millions d’euros), d’après lui impayée à ce jour, soit réglée.

Ce nouveau différend laisse craindre que les approvisionnements européens en gaz soient également concernés. Près de 80 % des exportations de Gazprom vers l’Europe transitent pas les gazoducs d’Ukraine et de Russie, soit environ un quart de l’ensemble du gaz européen.

Le 2 octobre, lors d’une déclaration, le géant énergétique a annoncé qu’il avait averti le jour même ses partenaires européens des problèmes existants dans l’approvisionnement de gaz en Ukraine. Il a ajouté que si la dette n’est pas réglée en octobre, Gazprom se verrait forcé de commencer à réduire l’approvisionnement en gaz naturel des consommateurs ukrainiens.

Selon les experts, cette initiative est sous-tendue une motivation politique, au moment où les partis pro-occidentaux clament leur victoire aux élections parlementaires du 2 octobre.

Les résultats ont été chaleureusement accueillis par l’UE, qui soutenait la « Révolution orange » en 2004. Gazprom a cependant nié que le calendrier était lié aux résultats des élections, affirmant que cette décision n’avait aucun rapport avec le vainqueur des élections en Ukraine.

Le 2 octobre, Yulia Tymoshenko a déclaré aux journalistes à Kiev qu’elle ferait tout pour coopérer avec la Russie afin d’éviter les coupures de gaz. Mme Tymoshenko a de bonnes chances de devenir le prochain Premier ministre d’Ukraine, après la victoire de son parti aux élections de dimanche (EURACTIV 01/10/07).

Dans un communiqué du 2 octobre, « la Commission réclame un règlement rapide de ce problème ». « Gazprom a informé la Commission européenne aujourd’hui d’un problème de paiements pour du gaz livré à l’Ukraine, et de la possibilité qu’il réduise ses livraisons de gaz à l’Ukraine si aucune solution satisfaisante n’était trouvée ».

Cette nouvelle menace rappelle la crise gazière de 2005, lorsque Gazprom avait décidé d’augmenter ses prix du marché (EURACTIV 15/12/05), mettant fin à l’accord de longue date consistant à de proposer des prix préférentiels à l’ancien Etat soviétique.