La médiation de dernière minute sur l'avion de combat SCAF entre l'Allemagne et la France a échoué
L'existence de deux rapports concurrents souligne à quel point les deux parties restent éloignées l'une de l'autre
Une dernière tentative visant à trouver un compromis entre l’Allemagne et la France au sujet du Système de Combat Aérien du Futur (SCAF) a échoué, selon les médias allemands.
Ce projet de 100 milliards d’euros, qui vise à développer un avion de combat de nouvelle génération et son système de combat associé, est au point mort depuis plus d’un an, les intérêts de Berlin et de Paris s’étant de plus en plus éloignés.
Le duo de médiateurs chargé de sortir de l’impasse n’est pas parvenu à trouver une position commune. Au lieu de cela, ils auraient rédigé des rapports séparés exposant leurs conclusions respectives, a rapporté samedi le journal allemand Handelsblatt, citant des sources proches du dossier.
Après l’échec des efforts politiques au niveau ministériel, les deux gouvernements se sont tournés vers des poids lourds de l’industrie pour résoudre le différend entre le maître d’œuvre allemand du projet, Airbus Defence, et son homologue français, Dassault Aviation.
Berlin a choisi Frank Haun, patron de l’industrie de la défense, tandis que Paris a envoyé Laurent Collet-Billon, ancien directeur de la Direction générale de l’armement (DGA).
Tous deux apportaient une expertise binationale : Haun a joué un rôle clé dans la création du constructeur franco-allemand de chars KNDS, et Collet-Billon a ouvert la voie au projet de l’avion de transport militaire 400M, qui connaissait alors des difficultés.
Mais même ces références franco-allemandes n’ont pas suffi. L’existence de deux rapports concurrents souligne à quel point les deux parties restent éloignées l’une de l’autre.
Interrogés vendredi par Euractiv sur l’avancement du processus de médiation, Airbus Defence et Dassault ont répondu de manière presque identique par un « sans commentaire ».
Le chancelier allemand Friedrich Merz devrait décider d’ici mardi si le programme portant sur un futur avion de combat, accompagné de drones autonomes et d’un « combat cloud », se poursuivra.
Il doit rencontrer le président français Emmanuel Macron jeudi lors d’un sommet informel des dirigeants de l’UE à Chypre.
Alors que les industries nationales des deux pays se plaignent de désaccords insurmontables au niveau des dirigeants, Berlin et Paris divergent de plus en plus sur les capacités idéales du futur avion de combat.
L’Allemand Merz a récemment déclaré que son pays avait des besoins différents de ceux de la France, qui a besoin que l’avion soit capable de transporter ses armes nucléaires et d’atterrir sur un porte-avions. L’armée de l’air allemande, en revanche, souhaiterait que le chasseur se concentre davantage sur l’autonomie.
Une solution possible pourrait être de développer deux avions distincts et de poursuivre le développement des autres éléments du projet en collaboration avec le troisième partenaire, l’Espagne.
(mm)