La Ligue de Matteo Salvini réfléchit à un repositionnement à Bruxelles
Dans la perspective des élections européennes de l’année prochaine, la Ligue du vice-premier ministre italien Matteo Salvini a entamé une réflexion interne pour se repositionner à Bruxelles et obtenir enfin une position politique stratégique qui lui était jusqu’à présent interdite.
Dans la perspective des élections européennes de l’année prochaine, la Ligue du vice-premier ministre italien Matteo Salvini a entamé une réflexion interne pour se repositionner à Bruxelles et obtenir enfin une position politique stratégique qui lui était jusqu’à présent interdite.
Une partie du parti estime que la Ligue devrait prendre ses distances avec certains membres de son groupe au Parlement européen, Identité et Démocratie (ID).
« Nous sommes dans un groupe hétérogène, avec des alliés qui sont éloignés de nos sensibilités sur de nombreux sujets, il est juste de réfléchir pour comprendre ce qu’il faut faire et être incisif », a déclaré au quotidien Libero le chef du groupe à la Chambre des députés, Riccardo Molinari.
Selon M. Molinari, l’expérience du parti en Italie, où il dirige d’importants ministères, est très différente de ce qui se passe à Bruxelles, où le parti fait partie d’un groupe « qui entraîne l’exclusion automatique de toute capacité d’influence ».
Toutefois, le conseil fédéral du parti, qui s’est réuni il y a quelques jours et se réunira à nouveau le 29 mai, n’a pas encore décidé d’un plan, et M. Salvini n’a pas pris de position explicite à ce sujet.
La voie la plus évidente serait de rejoindre le Parti populaire européen (PPE) de Manfred Weber, un groupe auquel appartient déjà Forza Italia de Silvio Berlusconi et vers lequel Frères d’Italie, le parti de la Première ministre Giorgia Meloni qui est actuellement membre des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), semble également se rapprocher. Forza Italia, Frères d’Italie et la Ligue gouvernent l’Italie depuis septembre 2022.
Toutefois, la Ligue a attaqué à plusieurs reprises le PPE, en particulier pour son alliance étroite avec les socialistes, et s’est souvent montrée comme une force politique eurosceptique.
« Nous devons comprendre à quel point le fait d’avoir les mains liées en Europe pour garder une cohérence, avec le fait que nous avons toujours été, à juste titre, critiques des choix idéologiques, mondialistes et fondamentalement antidémocratiques de Bruxelles, est encore compatible avec le fait que nous soyons une force gouvernementale décisive », a expliqué M. Molinari.
« On peut être cohérent et fidèle au mandat électoral tout en changeant de position […] Même en Europe, il s’agit peut-être maintenant de raisonner sur la manière d’essayer non seulement de dénoncer les problèmes mais aussi de les résoudre et d’éviter la pagaille », a-t-il poursuivi.