La Hongrie veut une analyse de l’impact des sanctions contre la Russie
Les dirigeants de l’UE et la Commission européenne devraient évaluer l’impact des sanctions européennes contre Moscou sur les différents États membres, notamment dans le contexte de la crise énergétique actuelle. C’est ce qu’a indiqué le conseiller principal du Premier ministre hongrois.
Les dirigeants de l’UE et la Commission européenne devraient évaluer l’impact des sanctions européennes contre Moscou sur les différents États membres, notamment dans le contexte de la crise énergétique actuelle. C’est ce qu’a indiqué Balázs Orbán, conseiller principal du Premier ministre hongrois.
« Les sanctions sont rationnelles si elles font plus de mal à la Russie qu’à l’Europe, […] mais cela ne devrait pas être un automatisme », a déclaré Balázs Orbán (sans lien de parenté avec le Premier ministre Viktor Orbán), lors d’un entretien avec EURACTIV après le sommet européen de la semaine dernière.
« Les dirigeants européens devraient discuter, la Commission européenne devrait réaliser une analyse sur les effets des sanctions », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, les États membres se sont mis d’accord sur un neuvième paquet de sanctions à l’encontre de la Russie, qui est considéré par certains comme le moins sévère a avoir été adopté jusqu’à présent.
Viktor Orbán avait auparavant appelé l’UE à revenir sur toutes les sanctions contre la Russie, et les responsables politiques hongrois ont invoqué la dépendance de Budapest aux énergies russes pour justifier la nécessité du pays de maintenir des liens plus étroits avec Moscou.
Le gouvernement hongrois a lancé une consultation nationale controversée, actuellement en cours, pour demander aux citoyens s’ils étaient d’accord ou non avec l’opposition du gouvernement aux sanctions imposées par l’UE à la Russie à la suite de son invasion de l’Ukraine. Les résultats de cette consultation sont attendus pour janvier, a confirmé le conseiller.
« Avant de nous mettre d’accord sur le 10e ou le 11e paquet, nous devrions […] avoir une discussion sérieuse sur les effets des sanctions », estime Balázs Orbán, ajoutant que cela devrait être fait avant le prochain sommet européen.
Les dirigeants du bloc devraient se retrouver début février pour un sommet européen extraordinaire à Bruxelles afin de discuter des migrations, compte tenu de l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile et du souhait de voir une solution à l’échelle de l’UE.
« L’énergie est une zone d’exclusion pour nous », a déclaré le conseiller, avant d’ajouter que la Hongrie cherchera à obtenir d’autres dérogations dans les domaines où « les sanctions font plus de mal à l’Europe qu’à la Russie ».
La semaine dernière, Budapest a également bloqué l’ajout de trois responsables russes à la liste des sanctions de l’UE, notamment le ministre de l’Énergie du Kremlin.
Interrogé sur la raison derrière cette opposition à l’ajout du ministre russe de l’Énergie à la liste des sanctions, le conseiller principal de Viktor Orbán a déclaré que ce serait « tout simplement inacceptable du point de vue de la sécurité énergétique hongroise ».
« Nous négocions avec lui sur l’énergie hongroise, alors comment pouvons-nous le mettre sur la liste des sanctions ? »
L’UE sort de l’impasse et approuve le neuvième paquet de sanctions contre la Russie
**Mise à jour : Une précédente version de cet article faisait état de six personnes…
4 minutes
Relations avec le Groupe Visegrad
Depuis le début de la guerre russe en Ukraine, les gouvernements polonais et hongrois, auparavant proches alliés, ont été en désaccord sur certaines questions.
En effet, Varsovie a été l’un des plus grands alliés et défenseurs de Kiev, critiquant souvent le souhait de Budapest de maintenir de bonnes relations avec Moscou et son opposition à certaines sanctions de l’UE.
« Après le début de la guerre, il y a eu une période de refroidissement [dans les relations entre les deux pays], mais nous faisons beaucoup d’efforts pour reconstruire la coopération », a déclaré Balázs Orbán lorsqu’il a été interrogé sur les désaccords avec la Pologne.
Les Premiers ministres des quatre pays du Groupe de Visegrad (Pologne, République tchèque, Slovaquie et Hongrie) se sont réunis le mois dernier. Cette réunion a eu lieu dans un contexte tendu en raison de l’apparition de fractures au sein du groupe dues à l’approche de la Hongrie concernant la guerre en Ukraine.
Toutefois, l’objectif des quatre pays, qui est de représenter l’Europe centrale, n’a pas changé, a déclaré le conseiller principal de M. Orbán.
Le Groupe de Visegrad cherche un terrain d’entente sur l’Ukraine et les migrations
Les dirigeants des quatre pays du Groupe de Visegrad (V4) ont reconnu l’importance de la…
5 minutes
[Édité par Anne-Sophie Gayet]