La Hongrie nie avoir participé à l'octroi d'un prêt de 9,2 millions d'euros au parti d'extrême droite espagnol Vox

Le gouvernement hongrois nie avoir eu connaissance du prêt accordé par la société Magyar Bankholding (MBH) au parti d’extrême droite espagnol Vox et avoir été impliqué dans cette affaire.

EFE avec EURACTIV.com
Budapest marks Earth Hour
La Chambre du Parlement avant d'éteindre ses lumières pour marquer l'Heure de la Terre à Budapest, Hongrie, 25 mars 2023. [EPA-EFE/Peter Lakatos ]

Le gouvernement hongrois nie avoir eu connaissance du prêt accordé par la société Magyar Bankholding (MBH) au parti d’extrême droite espagnol Vox et avoir été impliqué dans cette affaire.

Interrogé sur le rôle joué par le Premier ministre Viktor Orbán dans l’obtention du prêt par le parti espagnol Vox, le secrétaire d’État hongrois à l’Économie nationale, János Fónagy, a soutenu que le gouvernement « n’a joué aucun rôle et ne dispose d’aucune information » sur le sujet.

« La décision d’un éventuel prêt à l’Espagne par une banque commerciale n’aurait pu être prise que dans le cadre d’une affaire commerciale », a-t-il déclaré selon Telex.hu, partenaire d’Euractiv.

En septembre 2024, Vox a confié au journal espagnol El País que le parti avait financé ses campagnes pour les élections générales et municipales de 2023 avec un prêt de 9,2 millions d’euros accordé par MBH.

MBH est la deuxième plus grande banque de Hongrie et est détenue à 30,5 % par l’État hongrois.

Les médias indépendants hongrois rapportent pourtant que 50 % de la banque sont détenus par des actionnaires et des sociétés proches du magnat Lőrinc Mészáros, proche allié de Viktor Orbán.

La porte-parole de Vox, Pepa Millán, a justifié cette décision en expliquant que le parti n’avait pas été en mesure d’obtenir un prêt auprès des banques espagnoles pour financer sa campagne électorale.

MBH a donc accordé le prêt au parti en deux tranches, de 6,7 millions d’euros et 2,6 millions d’euros. Vox affirme que le prêt a été entièrement remboursé depuis.

Ce n’est pas la première fois que les finances internes de Vox sont évoquées dans la presse espagnole. Le parti, dirigé par le controversé Santiago Abascal, a été condamné en juillet dernier à une amende pour avoir enfreint la loi espagnole sur le financement des partis politiques.

D’autres partis concernés

Le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le Fidesz, et Vox ont récemment renforcé leurs liens au niveau européen.

En juillet dernier, Vox a annoncé quitter le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) au Parlement européen, dirigé par la Première ministre italienne Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia), pour rejoindre les Patriotes pour l’Europe (PfE), rapporte EuroEFE.

Le groupe PfE comprend entre autres le Fidesz hongrois et le Rassemblement national de Marine Le Pen. En 2022, la banque hongroise MKB, qui a ensuite fusionné pour former la MBH, a également accordé un prêt de 10,7 millions d’euros au Rassemblement national de Marine Le Pen.

Ce financement d’autres partis d’extrême droite européens intervient malgré les critiques répétées du gouvernement de Viktor Orbán à l’égard de l’ingérence extérieure dans les affaires intérieures de la Hongrie, en particulier dans les campagnes électorales. En Hongrie, il est interdit pour les partis politiques d’être financés depuis l’étranger, ce que le gouvernement considère comme une question de sécurité nationale.