La Hongrie considère la suspension par l’UE des fonds destinés aux universités comme « anti-hongroise »
La suspension par la Commission européenne des subventions de l’UE aux universités hongroises est une vengeance anti-hongroise et raciale pour la position de Budapest sur l’immigration, les communautés LGBTQIA+ et l’État de droit, selon le ministre du cabinet du Premier ministre Viktor Orban.
La suspension par la Commission européenne des subventions de l’UE aux universités hongroises serait une vengeance anti-hongroise et raciale pour la position de Budapest sur l’immigration, les communautés LGBT et l’État de droit, a déclaré jeudi (9 mars) Gergely Gulyás, ministre du cabinet du Premier ministre Viktor Orban.
En décembre, la Commission européenne a suspendu le financement de l’UE pour les programmes Erasmus et Horizon pour certaines universités hongroises. Cette décision fait suite à l’échec du pays à revoir sa pratique de nomination de personnalités politiques proches du gouvernement dans les conseils d’administration de 21 établissements d’enseignement supérieur gérés par ce qu’on appelle les « fondations d’utilité publique ». Des milliers d’étudiants et d’enseignants séjournant dans des universités étrangères ont été affectés par cette situation.
En février, des responsables politiques siégeant dans les conseils d’administration de ces établissements, dont la ministre de la Justice Judit Varga et le ministre des Affaires étrangères Péter Szijjártó, ont démissionné des conseils d’administration des fondations qui gèrent les universités.
Toutefois, cela n’a pas été du goût de M. Gulyás, qui a qualifié la décision de la Commission de « vengeance anti-hongroise et raciale », selon le partenaire d’EURACTIV, Telex.
Lorsqu’on lui a demandé s’il considérait réellement la décision de la Commission comme une vengeance raciale, le ministre a répondu qu’elle était anti-hongroise, et que sa mention de la race se référait plutôt à l’appartenance à une nation culturelle.
« La Commission européenne pourrait évaluer si la Hongrie a rempli ses engagements en avril-mai », a déclaré Tibor Navracsics, ministre du Développement régional, à Inforádió jeudi.
Cette question s’inscrit dans le cadre d’un conflit permanent entre le gouvernement du Premier ministre Viktor Orban et Bruxelles au sujet de l’indépendance de la justice, des libertés académiques, du système d’asile et des droits de la communauté LGBT.
La loi sur la protection de l’enfance, adoptée en juin 2021, est au centre des critiques de l’UE. En effet, elle élargit le champ d’action contre les pédophiles et interdit toute publicité représentant l’homosexualité pour les enfants mineurs.
En décembre, la Commission a déclaré qu’elle retiendrait les 22 milliards d’euros de fonds de cohésion de l’UE destinés à la Hongrie jusqu’à ce que son gouvernement remplisse ses conditions.
Contactée par EURACTIV, la Commission n’a pas encore commenté les remarques de M. Gulyás.