La hausse des prix du café et du chocolat stimule le marché des substituts en Europe
Alors que les prix du café et du chocolat augmentent sur les marchés mondiaux, les produits alternatifs à base de céréales se développent pour continuer à répondre à la demande croissante en Europe.
Alors que les prix du café et du chocolat augmentent sur les marchés mondiaux, les produits alternatifs à base de céréales se développent pour continuer à répondre à la demande croissante en Europe.
L’augmentation du prix des matières premières, principalement due aux effets du changement climatique dans les régions productrices, telles que le Ghana et la Côte d’Ivoire (cacao) et le Brésil (café), représente un défi pour les producteurs de chocolat et de café.
Ces derniers ont vu leurs coûts de production flamber mécaniquement ces dernières années, faisant ainsi grimper la facture des petits déjeuners des consommateurs européens.
Alors que le prix du cacao se situait traditionnellement entre 2 000 et 3 000 dollars la tonne ces dernières années (soit 1 920 à 2 880 euros), il a grimpé en flèche pour dépasser les 10 000 euros début 2024.
Même chose pour le café : l’arabica — le plus consommé au monde — atteint actuellement de 3,2 € la livre (0,45 kg), soit près de 70 % de plus qu’au début de l’année.
Selon l’ONG Conservation International, le marché total du café représente 46 milliards d’euros, avec pas moins de 9,5 millions de tonnes de café produites chaque année dans le monde, et la demande pourrait tripler d’ici à 2050.
Parallèlement, le marché mondial des substituts du café, d’une valeur de 13,6 milliards d’euros en 2023, devrait croître de plus de 4,7 % par an jusqu’en 2032, selon les chiffres de Global Market Insight.
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Anciens et nouveaux substituts
Les ersatz du café sont présents sur le marché européen depuis plusieurs années. L’orge soluble, par exemple, est une alternative connue pour ceux qui souhaitent réduire leur consommation de caféine.
Le chocolat sans cacao est quant à lui en train d’émerger. L’entreprise bretonne Vallée Torréfaction produit par exemple une poudre d’orge maltée torréfiée permettant de préparer des brownies et toutes sortes de recettes à base de chocolat.
« Cela coûte deux à trois fois moins cher que le cacao », explique Paul Vallée, dirigeant de la société à Euractiv. Sa société produit, après un an d’activité, une tonne par an de « faux chocolat » et commence à fournir les industriels. Il estime que le chocolat à base de cacao est voué à disparaître, du moins en tant qu’ingrédient dans les produits transformés.
« On continuera toujours à faire de très belles choses avec du cacao. Mais je pense que, dans 50 ans ce sera un produit de luxe, il faudra débourser 50 euros pour s’offrir une simple tablette », imagine-t-il.
L’entreprise allemande Choviva, premier fabricant européen de substituts de cacao, produit 2 000 tonnes par an à partir de graines de tournesol ou de dates torréfiées. Pour répondre à la demande croissante des consommateurs, l’entreprise vient d’investir 30 millions d’euros pour se développer et accéder au marché mondial.
À titre de comparaison, les Européens consomment environ 40 millions de tonnes de chocolat à base de cacao chaque année.
Une alternative synthétique
L’arôme du chocolat provient de la fermentation et de la torréfaction des fèves de cacao, un peu comme pour le café. La torréfaction de céréales telles que l’orge et d’autres produits peut rappeler leur goût caractéristique.
Mais il est encore difficile d’obtenir les arômes, la couleur et la texture auxquels les consommateurs sont habitués.
C’est pourquoi les investisseurs les plus audacieux se tournent vers des alternatives synthétiques.
En ce qui concerne le café par exemple, les scientifiques du centre de recherche technique VTT en Finlande étudient depuis plusieurs années les possibilités de produire un café en laboratoire qui se rapproche le plus possible du café naturel.
Sur le plan légal, lorsqu’il s’agit de nommer ces « nouveaux » aliments, la règlementation européenne est claire : les produits commercialisés sous le nom de « café » doivent contenir des grains de café, tandis que le « chocolat » doit contenir au moins 95 % de beurre de cacao.
Cela contraste avec la bataille juridique en cours sur la question de savoir si les substituts de viande à base de plantes peuvent être étiquetés comme de la « viande », où des lacunes juridiques ont permis une plus grande flexibilité.
En conséquence, l’industrie des ersatz du café et du cacao propose déjà des solutions de remplacement. Vallée Torréfaction, par exemple, a baptisé son produit « Choco Malt Replacer ».
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]