La Grèce promet plus d'austérité pour éviter un défaut de paiement
La Grèce a promis de présenter de nouvelles mesures d'austérité difficiles hier (20 septembre), persuadant ainsi les prêteurs internationaux de revenir à Athènes en début de semaine prochaine pour mener des discussions qui devraient assurer une aide au pays lui éviter ainsi la faillite.
La Grèce a promis de présenter de nouvelles mesures d'austérité difficiles hier (20 septembre), persuadant ainsi les prêteurs internationaux de revenir à Athènes en début de semaine prochaine pour mener des discussions qui devraient assurer une aide au pays lui éviter ainsi la faillite.
Après une conversation téléphonique de deux heures avec de hauts fonctionnaires de la « troïka » des prêteurs internationaux (UE et FMI), le ministre des finances, Evangelos Venizelos, a déclaré qu'il présenterait ses propositions au gouvernement grec mercredi.
Dans la mesure où la Grèce persiste à ne pas respecter ses objectifs, le Fonds monétaire international et l'Union européenne ont fait savoir la semaine dernière que leur patience avait des limites. Ils ont annoncé à Athènes que si elle n'arrêtait pas de tergiverser, elle pourrait bien voir s'envoler l'accord sur les 110 milliards d'euros.
Un représentant du ministère des finances a déclaré que la Grèce avait accepté d'accélérer la mise en œuvre de mesures de son « plan à moyen terme », dans le cadre duquel elle s'est engagée à réduire son déficit budgétaire d'ici 2014 et de vendre quelque 50 milliards de biens publics.
« Des mesures seront appliquées de manière anticipée. Les principaux objectifs (déficit et dette) ne changeront pas », a affirmé un représentant du ministère après la téléconférence, sous le couvert de l'anonymat.
Le ministère a déclaré que cet appel, le second en deux jours, leur avait permis de réaliser des « progrès satisfaisants » et que les experts continueraient de travailler pour finaliser le budget 2011 et un plan budgétaire pour 2014.
Le projet de la mission FMI/UE de revenir à Athènes met un terme à de nombreuses tensions suscitées par le départ soudain de Grèce des inspecteurs, suite à un désaccord sur l'étendue de son dérapage budgétaire et les mesures qu'Athènes devait prendre pour tenir ses promesses.
« Les discussions continueront le week-end prochain à Washington, où M. Venizelos participera à la réunion annuelle du Fonds monétaire international », a déclaré le ministère des finances.
Le représentant officiel du ministère a affirmé qu'il pensait que la Grèce parviendrait à obtenir le versement de la tranche de 8 milliards d'euros dont elle aura besoin d'ici le mois prochain pour éviter d'être à court de liquidités.
Plus d'austérité
La Grèce se prépare à une quatrième année de récession. Le chômage chez les jeunes atteint 40 % et l’économie stagne avec une dette qui devrait dépasser les 165 % de son PIB national cette année.
Les dix millions de citoyens grecs sont très mécontents, mais les pays créditeurs du nord de l'Europe commencent aussi à se montrer réticents quant au programme de renflouement. L'Allemagne, la Finlande et les Pays-Bas sont les plus stricts s'agissant d'imposer des conditions à Athènes en échange de fonds.
Les manifestations contre l'austérité sont de moins en moins fréquentes depuis le début de l'année, époque à laquelle la police affrontait les émeutiers dans les rues de la capitale, mais la frustration s'accentue alors que la crise empire.
« Ils nous ont estropiés », s'est exclamée Niki Playannakou, 44 ans, employée du secteur public et mère célibataire.
« On a accepté les réductions l'an dernier, on a supporté certaines choses pour le bien du pays. Mais le temps passe et rien ne s'améliore. Jusqu'où une famille peut-elle résister ? »
Le FMI a demandé à la Grèce de réduire les effectifs de la fonction publique et les salaires, de fermer les autorités nationales inefficaces, de lutter contre l'évasion fiscale et de vendre des milliards d'euros de biens publics pour combler le déficit budgétaire.
Le gouvernement a déjà mis en place de nouveaux impôts sur les salaires et les biens fonciers et a réduit les salaires et les retraites des employés du secteur public, mais jusqu'à mardi dernier, il restait réticent à l'idée de renvoyer plus de fonctionnaires, qui représentent une base importante de l’électorat du parti socialiste au pouvoir.
Certains économistes pensent que dans la mesure où la zone euro n'a pas encore approuvé le FEFS voué à protéger ses Etats les plus faibles, le risque de laisser Athènes faire faillite (ce qui pourrait entraîner une scission de la zone) est sans doute trop grand pour que les prêteurs refusent de verser de l'argent supplémentaire.
Un baromètre, qui prend en compte les swaps sur défaillance de crédit, montre que les investisseurs estiment la probabilité d'un défaut de la Grèce à plus de 90 % selon les calculs de Reuters basés sur des données de Markit.
Il pourrait notamment s'agir d'un défaut de paiement technique, qui découlerait d'un système d'échange d'obligations voué à soulager la Grèce d'une partie de sa dette.
Selon un représentant de l'organisme qui devrait décider si un « évènement de crédit » a eu lieu, ni ce plan, ni l'incapacité d'Athènes à payer les employés du secteur public le mois prochain ne devraient déclencher un remboursement des contrats CDS sur le court terme, événement qui pourrait, le cas échéant, causer d'importants troubles sur les marchés.
EURACTIV avec Reuters – Article EURACTIV traduit de l'anglais par Amandine Gillet