La Grèce lance « Kids Wallet » pour inciter l'UE à agir contre la dépendance en ligne des mineurs
La Grèce lancera bientôt une nouvelle application de vérification de l'âge appelée « Kids Wallet ». Le but ? Inciter l'Union européenne (UE) à aller plus loin contre la dépendance en ligne des mineurs.
La Grèce lancera bientôt une nouvelle application de vérification de l’âge appelée « Kids Wallet ». Le but ? Inciter l’Union européenne (UE) à aller plus loin contre la dépendance en ligne des mineurs.
L’initiative grecque intervient alors que la Commission se prépare également à déployer des portefeuilles d’identité numérique européens avec vérification de l’âge.
L’application Kids Wallet souhaitée par le gouvernement grec permettra de vérifier l’âge des utilisateurs et de lutter contre la dépendance en ligne chez les mineurs. L’outil s’appuiera sur l’identité numérique grecque d’un parent ou d’un tuteur, validée par TaxisNet, le service national d’autorisation du pays.
Le parent pourra ensuite sélectionner le profil de l’enfant sur l’application d’identification numérique, qui validera l’identité de l’enfant à l’aide des données du registre civil national. L’application déterminera l’âge de l’enfant en fonction de sa date de naissance. Selon le gouvernement, des applications tierces pourraient récupérer l’âge de l’enfant via une API avec le consentement des parents.
L’application Kids Wallet, qui servirait d’outil de vérification de l’âge, s’accompagnera aussi de conseils parentaux.
Un parent pourra par exemple sélectionner les applications que son enfant sera autorisé à utiliser, fixer des limites de temps et bloquer des applications spécifiques, selon la stratégie du gouvernement.
Le gouvernement grec a indiqué que l’application serait potentiellement disponible dans tout le pays d’ici à un mois, mais qu’il préconiserait également une approche européenne.
La protection des mineurs en ligne est une priorité de la loi européenne sur les services numériques (DSA), et des lignes directrices sur la protection des mineurs en ligne devraient être publiées prochainement. Bien que la législation ne mentionne pas la vérification de l’âge, le règlement européen sur l’identification électronique et les services de confiance (eIDAS) le prévoit.
Une application de vérification de l’âge à l’échelle de l’UE devrait être bientôt déployée et pourrait devenir la « norme d’excellence » en matière de vérification de l’âge. Cependant, leur utilisation par les plateformes et les utilisateurs restera volontaire et ne deviendra opérationnelle dans les États membres qu’en 2026.
Ailleurs, plusieurs entreprises technologiques ont introduit de nouvelles fonctionnalités, telles que Meta, qui a lancé l’année dernière des « comptes adolescents » dans l’UE, ou Apple, qui a annoncé de nouvelles fonctionnalités, dont la « vérification de l’âge », qui permettrait aux parents de sélectionner une tranche d’âge et de ne pas communiquer la date de naissance de leurs enfants à des applications tierces.
Les deux entreprises ont adopté des approches différentes en matière de protection des mineurs : Meta a plaidé en faveur d’une réglementation européenne sur la vérification de l’âge, et Apple a utilisé l’assurance de l’âge dans ses récents déploiements.
Mais il semble y avoir un consensus entre les députés et les plateformes en ligne sur le fait que l’ère de l’auto-déclaration de l’âge est révolue et inefficace ; une forme de vérification de l’âge est essentielle pour protéger les mineurs contre les contenus en ligne nuisibles et addictifs.
L’application du gouvernement grec s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large de l’UE visant à introduire une protection plus stricte des mineurs.
Les Grecs réclament un « âge de majorité numérique » à 15 ans, qui nécessiterait le consentement explicite des parents pour l’utilisation des médias sociaux par les mineurs en dessous de cet âge. Ils souhaitent également que tous les appareils vendus dans l’UE et disposant d’un accès à Internet soient équipés d’un logiciel de contrôle parental intégré obligatoire.
Ils proposent également que tous les appareils vendus dans l’UE et disposant d’un accès à Internet soient équipés d’un logiciel de contrôle parental intégré obligatoire. En outre, ils plaident en faveur de l’adoption de « droits numériques » pour les enfants au niveau de l’UE. Ces droits incluraient le droit de ne pas être suivi, une personnalisation significative, la possibilité de connaître son identité numérique et l’équité dès la conception.
La Grèce soutient les efforts de la Commission pour protéger les mineurs, mais estime que l’approche actuelle est un méli-mélo de différentes réglementations européennes. La Commission devrait donner la priorité à la protection des mineurs lorsqu’elle commencera à travailler sur l’équité numérique. La législation portera sur les designs addictifs et les motifs sombres en ligne, en se concentrant probablement sur leur impact sur la santé mentale des mineurs.
Une législation sur l’équité numérique devrait être proposée en 2026. La Grèce présidera le Conseil de l’UE en 2027, lorsque la législation sera en cours de négociation par les eurodéputés.