La Grèce inquiète du refus de la Turquie de qualifier le Hamas d’organisation terroriste
Le refus de la Turquie de qualifier le Hamas d’organisation terroriste est « problématique », a déclaré le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis dans un entretien avec la chaîne de télévision grecque ANT1 mercredi.
Le refus de la Turquie de qualifier le Hamas d’organisation terroriste est « problématique », a déclaré le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis dans un entretien avec la chaîne de télévision grecque ANT1 mercredi (18 octobre). Il a également annoncé que la Grèce était en état d’alerte suite aux attaques terroristes à travers l’UE.
Lors de l’entretien, M. Mitsotákis a critiqué Ankara pour sa position sur les récents évènements qui ont touché le Moyen-Orient, à savoir la guerre entre Israël et le Hamas.
Contrairement à la position grecque, « la position de la Turquie n’est certainement pas équilibrée […] Et le fait qu’elle ne condamne pas ouvertement le Hamas en tant qu’organisation terroriste est, à mon avis, très problématique », a déclaré le Premier ministre.
En effet, depuis le début de la crise au Moyen-Orient, le président turc Recep Tayyip Erdoğan émet des critiques à l’encontre d’Israël.
« J’appelle toute l’humanité à agir pour mettre fin à la brutalité sans précédent d’Israël à Gaza », a notamment déclaré M. Erdoğan en début de semaine.
Mercredi, il s’en est pris au Conseil de sécurité de l’ONU pour ne pas avoir adopté une résolution visant à mettre fin aux hostilités dans la région afin de pouvoir envoyer de l’aide humanitaire aux habitants de la bande de Gaza.
« Le Conseil de sécurité de l’ONU, qui est devenu encore plus inefficace, a une fois de plus manqué à ses responsabilités », a déclaré M. Erdoğan.
La résolution, proposée par le Brésil, s’est vue opposer le véto de Washington, tandis que la Russie et le Royaume-Uni se sont abstenus de voter.
Ainsi, en reconnaissant le droit d’Israël à l’autodéfense, M. Mitsotákis estime que la Grèce a adopté une position équilibrée, puisqu’Israël respecte le droit international et réagit conformément aux règles qui régissent les conflits armés.
« La Grèce ne s’est jamais distanciée de la logique d’une solution comprenant les deux États pour la résolution définitive de la question palestinienne », a expliqué le dirigeant grec de centre droit.
M. Mitsotákis a également exprimé son inquiétude quant à la perspective d’une invasion terrestre de Gaza.
« Je crains que ceux qui sont à l’origine de cette attaque terroriste sur le territoire israélien ne recherchent exactement cela », a-t-il déploré.
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Des attaques terroristes en Europe
Faisant référence aux attaques terroristes perpétrées dans des États membres de l’UE, tels que la France et la Belgique, M. Mitsotákis a déclaré que, « malheureusement », ce n’était pas la première fois que l’Europe est confrontée aux implications du terrorisme islamiste extrémiste.
« Il est certain que lorsque les passions se déchaînent, ces comportements extrêmes peuvent, d’une manière ou d’une autre, revenir sur le devant de la scène », a-t-il affirmé.
« Nous travaillons en étroite collaboration avec tous les services de sécurité des pays européens. En Grèce, nous n’avons pas eu, je dirais, de personnalités de populations musulmanes qui se sont radicalisées, comme cela s’est produit dans d’autres pays européens. Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas être vigilants », a noté M. Mitsotákis.
À Bruxelles, une source européenne a confié à Euractiv que les autorités chargées de la sécurité dans le bloc n’étaient pas particulièrement préoccupées par d’éventuelles attaques terroristes organisées, mais qu’elles restaient vigilantes en ce qui concerne des attaques solitaires.
« Aucun service de renseignement de l’UE ne peut avoir un contrôle absolu sur eux […] Il pourrait y avoir des informations sur la radicalisation de certains individus, mais le contrôle est minimal », a déclaré la source au fait des discussions sur la sécurité au niveau de l’UE.
La source a expliqué que les États membres où la population musulmane relativement importante sont particulièrement inquiets, ce qui se reflète au niveau politique.
« La France manifeste son inquiétude à chaque fois qu’un dirigeant politique de l’UE exprime son soutien à Israël », a noté la source, ajoutant que le président français Emmanuel Macron veut éviter de jeter de l’huile sur le feu dans une situation déjà « fragile » avec les communautés musulmanes de son pays.
La source a souligné la nécessité de comprendre la position de la France, mais insiste en même temps, sur le fait que Paris doit se rendre compte que « les attaques terroristes doivent être condamnées sans crainte » de représailles.
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[Édité par Anne-Sophie Gayet]