La Grèce dit « oui » à l'austérité, l'UE peut respirer
Les dirigeants européens ont tous poussé un soupir de soulagement quand le parlement grec a approuvé le programme d'austérité de 28 milliards d'euros voué à régler une partie des problèmes de dette du pays et à lui assurer un deuxième renflouement de l'UE et du FMI.
Les dirigeants européens ont tous poussé un soupir de soulagement quand le parlement grec a approuvé le programme d'austérité de 28 milliards d'euros voué à régler une partie des problèmes de dette du pays et à lui assurer un deuxième renflouement de l'UE et du FMI.
Les messages de soutien se sont multipliés mercredi (29 juin) envers la Grèce, avec la fin des inquiétudes croissantes quant à la stabilité et à la viabilité économique du pays.
José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, ont tous deux salué l’approbation du plan par le parlement comme une démonstration de cohésion nationale.
« Le pays a fait un pas important vers la réforme structurelle nécessaire pour une consolidation budgétaire et une stimulation de la croissance. Mais il s’est également écarté de manière décisive de la pente glissante du défaut de paiement. Ce vote relevait de la responsabilité nationale », ont affirmé les deux dirigeants dans une déclaration conjointe.
Hier midi, George Papandreou, le premier ministre grec, est parvenu à obtenir une majorité parlementaire en faveur d’un plan d’austérité sur cinq ans, permettant ainsi au pays d’obtenir un financement international et d’éviter un défaut de paiement.
Pour confirmer le fait que le plan avait commencé à convaincre même les hommes et femmes politiques de l’opposition, la députée grecque conservatrice Elsa Papadimitriou a déclaré qu’elle voterait en faveur du plan d’austérité, malgré l’opposition de son parti aux mesures.
« C’est la décision et le défi les plus importants de ma vie politique. C’est oui [au vote] et j’espère que le gouvernement ne me décevra pas », a-t-elle affirmé avant le vote, ajoutant qu’elle quittait le parti Nouvelle Démocratie pour devenir indépendante.
Le parlement grec devra à nouveau voter aujourd’hui sur la mise en application du programme.
Sur la voie d’un deuxième plan de sauvetage
José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy ont demandé aux parlementaires grecs d’approuver l’application technique du programme dès que possible, pour s'assurer le versement de la prochaine tranche d’aide conjointe de l’UE et du FMI et permettre un deuxième plan de sauvetage, s’élevant à 120 milliards d’euros.
Les investisseurs ont malgré tout perçu le premier vote d’hier comme un signe positif qui devrait stimuler les marchés.
« Dans l’ensemble, nous y voyons une bonne nouvelle. L’un des plus grands problèmes politiques est balayé, et le centre de l’attention s’éloigne de l’Europe pour se reporter sur la dette souveraine américaine » a confié à Reuters John Augustine, chef de la stratégie d’investissement en Ohio.
« Je ne crois pas que le risque soit totalement écarté, dans la mesure où une seule difficulté parmi de nombreuses autres s’est dissipée. Le risque de défaut de paiement désordonné s’éloigne à court terme mais dans l’ensemble, la confiance reste très fragile », a ajouté Peter Chatwell du Crédit Agricole.
Pour ajouter encore à l’optimisme retrouvé envers la Grèce, les banques ont reçu des indications positives de la part des agences de notation : elles n’assimileraient pas le plan de refinancement de la dette grecque proposé par la France à un défaut de paiement, ont affirmé trois personnes proches des bailleurs de fonds allemands hier.
« Tout le charme du modèle français, c’est qu’il a été élaboré de manière à être acceptable pour les agences de notation », a déclaré l’une de ces personnes.
Une autre source a affirmé que le fait que le refinancement soit mis en place par les banques impliquait que le refinancement soit totalement volontaire, une condition préalable pour que les agences de notation ne déclarent pas le défaut de paiement ».
« Cela n’a rien d’extraordinaire pour un avocat de savoir qu’un échange de créances ne déclenchera pas d’événement de crédit », a confié un expert des produits dérivés informé sur les discussions en cours.
EURACTIV avec Reuters – Article traduit de l’anglais