La Grande-Bretagne fait de la réforme de la zone euro une opportunité politique
Le Premier ministre britannique maintient que l’option de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est « imaginable ». Mais il préfère une option intermédiaire, au sein d’une Europe « à plusieurs vitesses ».
Le Premier ministre britannique maintient que l’option de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est « imaginable ». Mais il préfère une option intermédiaire, au sein d’une Europe « à plusieurs vitesses ».
Pas de « Brixit », mais un jeu tout en subtilités, à l’intérieur de l’Union européenne. Telle est la stratégie de défense des intérêts britanniques en Europe promue par David Cameron, devant la Chambre des communes, lundi 17 décembre.
Le Premier ministre britannique s’exprimait, deux jours après le dernier sommet européen de l’année, qui a repoussé les décisions sur la feuille de route politique de la zone euro.
En novembre, David Cameron a posé ses conditions pour un accord sur le budget de long terme de l’UE pour 2014-2020 en demandant de fortes réductions budgétaires. Le Royaume-Uni a, par ailleurs, obtenu de nouvelles concessions de l’UE lors du dernier sommet, sur l’union bancaire.
L’accord conclu lui permettra de sauvegarder les intérêts de la finance londonienne, puisque les décisions de la Banque centrale européenne en matière de supervision bancaire seront soumises au vote d’une seconde majorité qualifiée, celle des Etats-membres qui n’ont pas adopté l’euro.
Fenêtre d’opportunité
Fort de ces gains récents, le Premier ministre est en mesure de faire face à la pression des eurosceptiques, représentés par les libéraux-démocrates au gouvernement. Alors que l’option d’un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE était envisagée encore il y a quelques mois, elle est aujourd’hui exclue, jusqu’en 2015, car elle n’offre aucune issue satisfaisante.
Pour David Cameron, la situation est propice pour affirmer les positions britanniques en Europe : « puisque les membres de la zone euro sont en train d’opérer les changements dont ils ont besoin, la Grande-Bretagne est également en mesure de plaider pour ses propres intérêts », a-t-il expliqué aux parlementaires.
Intérêts dans l’UE
Parmi les avantages que possède l’Union européenne, soulignés avec insistance par M. Cameron, le marché unique et l’union bancaire. Ils sont essentiels, puisqu’ils permettent à l’économie britannique de tourner. Faire rétrograder le Royaume-Uni à un statut d’Etat en association avec l’UE, comme la Norvège ou la Suisse, la priverait, rappelle le Premier ministre, de pouvoir définir directement les règles.
L’Europe devra être « flexible » au cours des prochaines années, au cours desquelles se profileront différents degrés d’intégration. Les suggestions « européennes » de David Cameron se limitent, pour l’instant, à défendre les petites et grandes entreprises, corsetées par une règlementation qui limite leur compétitivité.
Le Premier ministre fera, en janvier 2013 – et non pas en décembre, comme prévu -, sa déclaration sur l’Europe détaillant les grandes lignes de la politique européenne du Royaume-Uni.