La Grande-Bretagne et les Pays-Bas vont poursuivre l'Islande en justice

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas prévoient d'entamer une longue bataille juridique contre l'Islande, candidate à l'UE, pour récupérer une somme de 5 milliards de dollars (3,46 milliards d'euros) perdue lors de l'effondrement d'une banque suite au rejet par les citoyens islandais du projet de remboursement de cet argent.

icelandic_flag.jpg
icelandic_flag.jpg

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas prévoient d'entamer une longue bataille juridique contre l'Islande, candidate à l'UE, pour récupérer une somme de 5 milliards de dollars (3,46 milliards d'euros) perdue lors de l'effondrement d'une banque suite au rejet par les citoyens islandais du projet de remboursement de cet argent.

Les gouvernements britannique et néerlandais se sont dits déçus du résultat d’un référendum qui a eu lieu samedi (9 avril) lors duquel près de 60 % des votants se sont opposés à un accord de remboursement, marquant ainsi un deuxième refus du peuple islandais sur une telle question.

Cette dette a été contractée lorsque les deux pays ont remboursé les citoyens qui avaient perdu leurs économies dans des comptes « Icesave » en ligne appartenant à Landsbanki, l’une des trois banques islandaises qui s’est effondrée fin 2009, déclenchant une crise économique dans ce pays de 320 000 habitants.

Le journal britannique the Independent a déclaré qu’un refus causerait une friction avec la Grande-Bretagne et les Pays-Bas et augmenterait les chances que l’un ou l’autre de ces membres de l’UE, n'appose son veto à l’adhésion de l’Islande à l’Union.

Le secrétaire au Trésor britannique, Danny Alexander, a déclaré être déçu que les Islandais aient rejeté ce qui était un règlement à l’amiable.

« Il semblerait désormais que l’affaire se terminera en justice », a-t-il confié à la BBC ce week-end.

Le ministre des finances néerlandais, Jan Kees de Jager, a affirmé : « Ce n’est pas bon pour l’Islande, ni pour les Pays-Bas. Le temps des négociations est fini. L’Islande demeure obligée de rembourser. La question relève maintenant de la justice ».

L’affaire sera donc jugée par la Cour de l’Autorité de surveillance de l’EFTA (ESA), l’organisme sur le commerce européen qui supervise la coopération de l’Islande avec l’Union européenne.

« J’estime que le processus prendra un an, un an et demi au moins », a déclaré le ministre islandais des finances Steingrimur Sigfusson lors d’une conférence de presse, suite au vote de samedi.

« Les économistes ont affirmé que la procédure juridique pourrait être bien plus coûteuse et que l’Islande devrait surmonter des délais quant à la fin du contrôle sur sa monnaie, l’accélération de l’investissement et le retour des marchés financiers pour le financement.

Doutes sur l’avenir du gouvernement

Le Financial Times a affirmé que l’affaire soulignait des failles dans les règles bancaires transfrontalières européennes et posait des questions sur les personnes juridiquement et moralement responsables des dépôts étrangers détenus par des banques nationales lorsque le secteur financier d’un pays fait faillite.

« Cela a également suscité des doutes concernant l’avenir du gouvernement de centre-gauche islandais, mené par Johanna Sigurdardottir, première ministre, qui a basé sa crédibilité sur la résolution de l’affaire Icesave et encouragé l’adhésion à l’Union européenne ».

La coalition de centre-gauche au gouvernement islandais a affirmé qu’elle ne démissionnerait pas malgré la défaite.

« Le gouvernement s’attellera à maintenir la stabilité économique et financière en Islande et continuera sur la voie de la reconstruction, initiée suite à l’effondrement économique de 2008 », a-t-il affirmé dans une déclaration.

Il a affirmé que de nouvelles discussions sur un financement supplémentaire de la part du Fonds monétaire international, qui avait mené un renflouement pour l’Islande, sera reporté de plusieurs semaines mais que le pays disposait d’assez de réserves de change étrangères pour couvrir les dettes qui apparaîtront cette année et l’année prochaine.

 (EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV)