La Géorgie emboîte le pas à l’Ukraine et demande une adhésion accélérée à l’UE

La Géorgie va « immédiatement » demander une adhésion accélérée à l’UE, a déclaré le parti au pouvoir dans le pays mercredi (2 mars), un jour après que le Parlement a annoncé qu’il soutenait la candidature de l’Ukraine.

EURACTIV.com
Zurabishvili and Von der Leyen
La présidente de la Géorgie, Salomé Zourabichvili, et la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, à Bruxelles, le 1er mars 2022. [Compte Twitter du président géorgien]

La Géorgie va « immédiatement » demander une adhésion accélérée à l’Union européenne, a déclaré le parti au pouvoir dans le pays mercredi (2 mars), soit un jour après que le Parlement européen a annoncé qu’il soutenait la candidature de l’Ukraine, déchirée par la guerre, à une adhésion accélérée à l’UE.

Le président du parti au pouvoir Rêve géorgien, Irakli Kobakhidze, a annoncé la « décision prise aujourd’hui par le parti de demander immédiatement l’adhésion à l’UE ».

Tbilissi demande à l’UE « d’examiner d’urgence » la demande de la Géorgie et de « prendre la décision d’accorder à la Géorgie le statut de candidat à l’adhésion à l’UE », a-t-il indiqué aux journalistes.

La décision a été prise « sur la base du contexte politique général et de la nouvelle réalité », a précisé M. Kobakhidze.

L’intégration de la Géorgie à l’UE placerait le pays « sur une voie qui conduira notre pays à une augmentation […] du bien-être de notre population, à la sécurité et à la libération [de l’occupation russe] », a-t-il ajouté.

Dans le même ordre d’idées, le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy avait déposé en début de semaine une demande officielle visant à permettre à son pays d’obtenir une adhésion « immédiate » dans le cadre d’une procédure spéciale accélérée, alors qu’il se défend actuellement contre une invasion russe.

L’UE a déclaré qu’elle examinerait sérieusement la demande de l’Ukraine, reconnaissant le poids politique et les circonstances dramatiques de cette démarche, ainsi que l’hésitation de nombreux États membres.

L’idée a également été soutenue par les eurodéputés dans une résolution non contraignante recommandant aux instances européennes d’accorder à l’Ukraine le statut de pays candidat.

La Géorgie s’est retrouvée dans une situation sécuritaire similaire à celle de l’Ukraine en 2008, lorsque les tensions avec Moscou sur son orientation pro-occidentale avaient culminé avec l’invasion de la Russie et la perte de 20 % du territoire.

Sur le plan interne, le parti au pouvoir en Géorgie a subi de fortes pressions de la part des partis d’opposition pour qu’il suive la voie de l’Ukraine, vue comme une occasion de faire avancer ses propres ambitions européennes, un objectif qui avait par ailleurs été inscrit dans la constitution du pays.

L’année dernière, le gouvernement géorgien a annoncé son intention de demander l’adhésion à l’UE d’ici 2024, mais le gouvernement actuel du pays a fait l’objet de critiques de plus en plus vives en raison de ce qui est perçu comme un recul de la démocratie, ce qui a gravement nui aux relations entre Tbilissi et Bruxelles.

La demande d’adhésion de la Géorgie à l’UE intervient une semaine après la visite de la présidente géorgienne Salomé Zourabichvili à Paris et à Bruxelles, où elle a fait valoir que les engagements de l’Europe envers l’Ukraine devaient être étendus à la Géorgie.

La Géorgie et l’Ukraine ont toutes deux signé des accords d’association avec l’Union européenne, qui prévoient notamment des accords de libre-échange ainsi qu’une exemption de visa pour les ressortissants de ces pays pour un court séjour dans l’espace Schengen. Ces accords sont destinés à les rapprocher de l’Union sur le plan économique et politique.

Toutefois, les pays candidats à l’adhésion à l’UE se trouvent généralement confrontés à un processus long et complexe qui nécessite souvent des réformes majeures pour atteindre les normes européennes.

Il s’agit également de mettre en œuvre des réformes radicales et de prouver que leurs finances évoluent dans une direction qui leur permettra d’adopter l’euro.

La décision sur le statut officiel de l’adhésion appartient aux États membres et doit être prise à l’unanimité.

Un sommet entre la Géorgie, l’Ukraine et la Moldavie, qui s’est tenu en 2021 dans la ville géorgienne de Batumi, sur la mer Noire, a abouti à la signature d’une déclaration appelant l’Union européenne à reconnaître la perspective pour ces pays de devenir un jour membres à part entière de l’UE.

Le « Trio associé » ne veut pas être freiné par les trois autres membres du partenariat oriental, l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Biélorussie, la participation de ce dernier pays au partenariat étant par ailleurs suspendue. Les membres du Trio associé estiment que ces trois pays ont des objectifs différents des leurs.

Si la tendance devait se poursuivre, la Moldavie pourrait bientôt être le prochain pays à briguer le statut de candidat à une adhésion à l’UE.

La situation sécuritaire de la Moldavie est actuellement menacée, les forces russes menant des opérations militaires en Ukraine à proximité de ses frontières. Selon certains analystes, la stratégie de la Russie consiste à relier le territoire moldave de Transnistrie, que Moscou contrôle actuellement, aux territoires ukrainiens de la mer Noire qu’elle cherche à annexer.