La gauche espagnole fustige la présidente régionale de Madrid pour avoir honoré l’Argentin Javier Milei

La gauche espagnole a critiqué jeudi la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, du Parti populaire (PP/PPE) de droite, pour avoir honoré le président argentin Javier Milei de la Médaille internationale de la Communauté de Madrid.

EFE avec EURACTIV.com
Community of Madrid president Ayuso promotes Spanish capital in four-day visit to Chile
Isabel Díaz Ayuso, présidente de la région de Madrid. [EPA-EFE/ELVIS GONZALEZ]

La gauche espagnole a critiqué jeudi (20 juin) la présidente de la région de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, du Parti populaire (PP/PPE) de droite, pour avoir honoré le président argentin Javier Milei de la Médaille internationale de la Communauté de Madrid. La gauche l’accusant d’être « déloyale » et de ne chercher qu’à « gêner » le gouvernement progressiste du Premier ministre Pedro Sánchez.

Patxi López, porte-parole du Parti socialiste (PSOE/S&D) au Parlement, a exprimé ses doutes quant à la volonté de Mme Díaz Ayuso de décorer M. Milei en raison de « l’amour intense de Madrid pour le peuple argentin » et s’est dit convaincu qu’elle ne le faisait que « pour ennuyer le gouvernement », a rapporté EFE, partenaire d’Euractiv.

Le peuple de Madrid « ne mérite pas quelqu’un, comme Ayuso, qui gouverne [la région] juste pour provoquer », a ajouté M. López.

Pendant ce temps, le leader du parti de gauche radicale Más Madrid, la ministre espagnole de la Santé Mónica García, a qualifié la rencontre entre M. Milei et Mme Díaz Ayuso de « déloyauté institutionnelle ».

« C’est typique de Mme Ayuso. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil de la part de la présidente du Parti populaire», a commenté Mme García, en faisant référence à la présidente régionale, que de nombreux analystes considèrent comme une candidate potentielle pour diriger le PP au niveau national à moyen terme.

Pour sa part, le ministre de la Politique territoriale et de la Mémoire démocratique, Ángel Víctor Torres, a déclaré jeudi qu’il était « tout à fait anormal » qu’un président d’une région espagnole (Madrid) reçoive un chef de gouvernement d’un autre pays.

Pour apaiser les tensions, des sources au sein du gouvernement de Madrid ont affirmé jeudi que la décision d’attribuer la médaille internationale à M. Milei visait à reconnaître les « liens historiques, culturels, linguistiques et économiques » qui unissent l’Argentine à l’Espagne.

Le gouvernement de Madrid a rappelé dans un communiqué que la région accueille « 48 000 citoyens argentins », « 72 entreprises argentines dont 36 à Madrid », et que la capitale attire « 97 % des investissements argentins en Espagne ».

La visite de M. Milei, sa deuxième en Espagne, intervient peu après son apparition, fin mai, à un rassemblement de campagnes préélectorales du parti d’extrême droite Vox, le troisième groupe du Parlement, où il avait accusé l’épouse de M. Sánchez de corruption. Ce qui avait déclenché une crise diplomatique entre Buenos Aires et Madrid.

Pepa Millán, porte-parole parlementaire de Vox, a défendu jeudi la récompense de M. Milei face aux « attaques injustifiées » du gouvernement pour avoir dénoncé la corruption qui « entoure le PSOE et le cercle rapproché du président », a-t-elle insisté.