La gauche polonaise s’oppose à une alliance entre Ursula von der Leyen et l'extrême droite
La coalition de la Gauche qui co-gouverne la Pologne serait réticente à soutenir un second mandat de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, si elle décide de coopérer avec les Conservateurs et réformistes européens (CRE), a confié à Euractiv Pologne, Robert Biedroń.
La coalition de la Gauche qui co-gouverne la Pologne serait réticente à soutenir un second mandat de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, si elle décide de coopérer avec les Conservateurs et réformistes européens (CRE), a confié à Euractiv Pologne, Robert Biedroń, eurodéputé de la Gauche. Il a souligné que le Premier ministre Donald Tusk devrait également rejeter une telle coopération.
Lors du récent débat sur l’Eurovision, le 23 mai, les socialistes et les libéraux ont reproché à Mme von der Leyen de chercher à coopérer avec l’extrême droite, en référence aux Fratelli d’Italia (CRE) de la Première ministre italienne Giorgia Meloni et à d’autres partis des CRE, y compris le parti conservateur d’opposition polonais Droit et Justice (PiS).
« Il nous est difficile de soutenir Mme von der Leyen si elle veut coopérer avec les CRE et le PiS » , a déclaré M. Biedroń, ajoutant que « le PiS affaiblit l’UE depuis des années et ce qui est maintenant envisagé, c’est de forger une alliance avec lui ».
La Plateforme civique (PO) de Donad Tusk, partenaire de la Gauche dans la coalition au pouvoir et membre du Parti populaire européen (PPE) de Mme von der Leyen devrait également s’opposer à toute alliance avec le PiS et les CRE, a ajouté M. Biedroń.
« Je m’attends à ce que Donald Tusk ne permette pas une coalition avec le PiS au niveau européen ou national », a-t-il affirmé.
À propos des Socialistes et Démocrates européens (S&D), M. Biedroń a expliqué qu’il s’agissait du seul groupe au Parlement qui ne coopère pas avec l’extrême droite, tant au niveau national qu’européen.
Le groupe estime qu’ une alliance avec les chevaux de Troie du président russe Vladimir Poutine, comme le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ou souvent l’ancien Premier ministre du PiS Mateusz Morawiecki « est hors de question » , a soutenu M. Biedroń, optant plutôt pour une « coopération avec des partis progressistes qui veulent renforcer l’UE ».
Quant au soutien à Mme von der Leyen, le S&D a son propre candidat au poste de président de la Commission, Nicholas Schmit, et fera campagne pour lui, a-t-il ajouté.
En outre, selon M. Biedroń, M. Schmit, commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, est « un bon candidat pour les temps difficiles qui nécessitent des décisions fermes », comme dans le domaine des salaires et des droits des travailleurs.
Les CRE sont ouverts à la coopération avec d’autres groupes et à la formation d’une coalition de centre droit, y compris avec le PPE, a déclaré plus tôt cette année l’eurodéputé du PiS Zdzisław Krasnodębski, qui ne biguera un nouveau mandat.
Selon lui, le PPE comprend actuellement des partis qui sont plus en phase avec le profil politique des CRE qu’avec les opinions du président du PPE, Manfred Weber.
M. Krasnodębski n’a pas non plus exclu une coopération avec les socialistes sur certaines questions, « en particulier avec ceux de notre région (la Pologne), mais aussi avec ceux des pays occidentaux ».
Lors du débat sur l’Eurovision en mai, la présidente de la Commission n’a ni confirmé ni exclu une collaboration avec les CRE.
Bien qu’elle n’ait pas mentionné le PiS, elle a toutefois écarté une coalition avec la Confédération, un parti polonais de droite, qu’elle a qualifié d’« amis de Poutine », tout comme l’AfD en Allemagne et le Rassemblement national en France.